{"id":680,"date":"2017-11-12T10:44:23","date_gmt":"2017-11-12T09:44:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/?p=680"},"modified":"2017-11-12T10:55:41","modified_gmt":"2017-11-12T09:55:41","slug":"robert-ouvrard-de-valmy-a-austerlitz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/robert-ouvrard-de-valmy-a-austerlitz\/","title":{"rendered":"Robert Ouvrard : De Valmy \u00e0 Austerlitz"},"content":{"rendered":"<p>Avec aimable autorisation de M. <a href=\"http:\/\/www.histoire-empire.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Robert Ouvrard<\/a> nous publions le texte de sa conf\u00e9rence tenue en 2003 dans le cadre du colloque d&#8217;Austerlitz. Qui porte la responsabilit\u00e9 de la reprise de la guerre avec l\u2019Angleterre, au mois de mai 1803 et \u00e0 la formation d\u2019une nouvelle Coalition ?<\/p>\n<h1 style=\"text-align: center\">De Valmy \u00e0 Austerlitz<\/h1>\n<h2 style=\"text-align: center\">La diplomatie fran\u00e7aise en qu\u00eate de paix.<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center\">Robert Ouvrard, FINS<\/h2>\n<p style=\"text-align: center\">Membre du Souvenir Napol\u00e9onien<\/p>\n<p><strong>Introduction<\/strong><\/p>\n<p>Qui porte la responsabilit\u00e9 de la reprise de la guerre avec l\u2019Angleterre, au mois de mai 1803 et \u00e0 la formation d\u2019une nouvelle Coalition\u00a0? Les historiens n\u2019ont jamais cess\u00e9 d\u2019\u00eatre fascin\u00e9s par cette question et on pourra discuter \u00e0 l\u2019infini des responsabilit\u00e9s de chacun dans la formation d\u2019une nouvelle coalition et dans le retour d\u2019op\u00e9rations militaires sur le continent, oubli\u00e9es depuis quatre ans.<\/p>\n<p>D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les fran\u00e7ais, de Thiers et Bignon \u00e0 Arthur-Levy et Sorel, privil\u00e9gient la th\u00e8se de la responsabilit\u00e9 anglaise, quand, on pourrait presque dire naturellement, les auteurs anglais (Furse, Bowden, Clark) s\u2019engagent en sens inverse.<\/p>\n<p>Nous allons essayer, ici, de donner quelques \u00e9l\u00e9ments surtout relatifs \u00e0 la position fran\u00e7aise, les conf\u00e9renciers qui vont suivre devant nous exposer les points de vue russes, su\u00e9dois et italiens (h\u00e9las, point d\u2019anglais ce matin \u00e0 notre table\u2026)<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>I. 1792 \u2013 1801. De la guerre \u00e0 la paix<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Revenons tout d\u2019abord quelques ann\u00e9es en arri\u00e8re.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Le <strong>20 avril 1792<\/strong>, l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative fran\u00e7aise avait d\u00e9clar\u00e9e la guerre au roi de Boh\u00eame et de Hongrie (ce qui, dit en passant, permettait \u2013 du moins dans un premier temps, d\u2019\u00e9viter d\u2019entra\u00eener dans le conflit le Saint-Empire germanique). Au d\u00e9but, seule la Prusse, en Europe, se range aux cot\u00e9s de l\u2019Autriche. Mais lorsque la Belgique, puis Anvers, sont occup\u00e9es, l\u2019Angleterre de Pitt noue la <strong>Premi\u00e8re Coalition<\/strong>\u00a0: autour des premiers bellig\u00e9rants vont se ranger les Provinces-Unies, le Saint-Empire, le Pi\u00e9mont-Sardaigne et l\u2019Espagne.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>La jeune r\u00e9publique va plier mais ne point rompre (l\u2019exemple phare \u00e9tant Valmy), si bien que la coalition va finalement se disloquer\u00a0: retrait de la Toscane en f\u00e9vrier 1795, de la Prusse le 5\u00a0 avril (trait\u00e9 de B\u00e2le), de la R\u00e9publique batave (qui devient l\u2019alli\u00e9e de la France), de l\u2019Espagne (nouveau trait\u00e9 de B\u00e2le) en juillet. Bient\u00f4t l\u2019Autriche, sous les coups d\u2019un jeune g\u00e9n\u00e9ral en Italie, va \u00eatre elle aussi contrainte \u00e0 la paix, en octobre 1797. L\u2019Angleterre reste alors seule en lice.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><strong>A la recherche de l\u2019alliance avec la Prusse<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Ce jeune g\u00e9n\u00e9ral, du nom de Bonaparte, se comporte d\u00e9j\u00e0 en homme politique averti.. Revenant de sa premi\u00e8re campagne d\u2019Italie, il \u00e9crit au charg\u00e9 d\u2019affaires \u00e0 Berlin, Sandoz-Rollin\u00a0:<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>La France doit favoriser la Prusse dans les compensations qui lui seront attribu\u00e9es au congr\u00e8s de Rastadt <em>(qui suit le trait\u00e9 de Campoformio)<\/em>\u00a0; c\u2019est son alli\u00e9e d\u2019amiti\u00e9 et de nature<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Certes, il n\u2019innove pas. Depuis que la Prusse a laiss\u00e9 tomber les grandes monarchies d\u2019Europe et sign\u00e9 \u00e0 B\u00e2le un trait\u00e9 de paix avec la France, elle est devenue, le centre de gravit\u00e9 de la d\u00e9fense des fronti\u00e8res fran\u00e7aises, tampon aux incursions du nord, o\u00f9 arme contre toute incursion venant du sud. Les politiciens fran\u00e7ais pr\u00f4nent alors all\u00e8grement l\u2019alliance avec la cour de Berlin\u00a0:<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Il est de notre int\u00e9r\u00eat d\u2019\u00e9tablir le roi de Prusse chef de la ligue germanique \u2026.Un point important pour lui est l\u2019espoir de la couronne imp\u00e9riale\u2026 (Rewbell \u2013 19 f\u00e9vrier 1796)<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><em>Vous dirais-je que le Directoire est attach\u00e9 au roi de Prusse, qu\u2019il a \u00e0 c\u0153ur d\u2019agrandir sa puissance et de la mettre en \u00e9tat de r\u00e9sister aux deux cours colossales qui l\u2019environnent (lire\u00a0: Autriche et Russie) \u2026 Notre int\u00e9r\u00eat politique\u00a0 est d\u2019entretenir la meilleur amiti\u00e9 avec la Prusse et de saisir toutes les occasions d\u2019augmenter sa force et sa puissance (Carnot \u2013 mai 1796)<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><em>Jamais la R\u00e9publique fran\u00e7aise ne souffrira qu\u2019on attaque le roi de Prusse\u00a0; elle volera \u00e0 son secours sans engagement, sans trait\u00e9 et sans alliance (Delacroix, ministre des Relations Ext\u00e9rieures \u2013 1797)<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Le Directoire annonce \u00e9galement que \u00ab\u00a0<em>si la Russie faisait mine de vouloir attaquer la Prusse, les arm\u00e9es de la R\u00e9publique seraient \u00e0 sa disposition<\/em>\u00a0\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>En fait, on s\u2019illusionne grandement en France, sous le r\u00e8gne finissant de Fr\u00e9d\u00e9ric-Guillaume II \u2013 souverain quelque peu incons\u00e9quent et insaisissable, tout autant que de faible caract\u00e8re \u2013 mais \u00e9galement sous celui de son successeur \u2013 Fr\u00e9d\u00e9rique-Guillaume III, de m\u0153urs plus \u00e9quilibr\u00e9es, mais \u00ab\u00a0<em>ne sachant ni ce qu\u2019il devrai croire, ni ce qu\u2019il devait faire\u00a0\u00bb<\/em>, selon l\u2019expression de Talleyrand..<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>A Berlin, on reste anti-fran\u00e7ais. Lorsque Siey\u00e8s, en mai 1798, est envoy\u00e9 \u00e0 Berlin, le roi ne lui reconna\u00eet que le titre d\u2019envoy\u00e9 extraordinaire (l\u2019abb\u00e9 avait \u00e9galement en poche celui d\u2019ambassadeur), et est tenu \u00e0 l\u2019\u00e9cart par les personnalit\u00e9s officielles.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Cela ne d\u00e9courage pourtant pas le gouvernement fran\u00e7ais.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Le sieur Talleyrand et le g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte m\u2019ont dit que rien n\u2019assurerait mieux le repos de l\u2019Allemagne et n\u2019affermirait la paix du monde qu\u2019une alliance entre Votre Majest\u00e9 et la R\u00e9publique fran\u00e7aise\u00a0(Sandoz-Rollin au gouvernement de la Prusse \u2013 28 mars 1798)<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><em>Et Paris enfonce le clou\u00a0:<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>En ce moment d\u00e9cisif pour la paix ou la guerre, si la Prusse (\u2026) choisit justement cet instant pour former son alliance avec la R\u00e9publique, il est \u00e9vident que la guerre devient impossible (\u2026) Notre proposition n\u2019a d\u2019autre but que la paix, rien que la paix (L\u2019ambassadeur Caillard au Cabinet du Roi)<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>La Deuxi\u00e8me Coalition<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>L\u2019exp\u00e9dition d\u2019\u00c9gypte va de nouveau entra\u00eener l\u2019Europe dans la guerre. En effet, la prise de Malte entra\u00eene la d\u00e9claration de guerre de son protecteur, la Russie de Paul ier, et l\u2019invasion de l\u2019\u00c9gypte, celle de l\u2019Empire ottoman. En d\u00e9cembre 1798, le royaume de Naples se joint \u00e0 cette nouvelle coalition. Le 12 mars 1799, Vienne ayant autoris\u00e9 le passage des troupes russes sur son territoire, se voit d\u00e9clarer la guerre par le Directoire. C\u2019est la <strong>Deuxi\u00e8me Coalition, <\/strong>qui enregistrera d\u2019abord des succ\u00e8s sur le Rhin et en Italie.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Brumaire<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><strong>A la fin de 1799<\/strong>, lorsque Bonaparte (que Pitt n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 qualifier, d\u00e9j\u00e0, d\u2019usurpateur\u2026) s\u2019empare du pouvoir, il h\u00e9rite\u00a0:<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>d\u2019un cot\u00e9, de la France des fronti\u00e8res naturelles,<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>de l\u2019autre d\u2019un pourtour de r\u00e9publiques alli\u00e9es, qui sont plut\u00f4t des protectorats fran\u00e7ais h\u00e9rit\u00e9s des r\u00e9publiques s\u0153urs du Directoire.<\/li>\n<li>Il lui faut d\u2019abord pr\u00e9server cet acquis, alors que l\u2019Autriche meurtrie se pr\u00e9pare de nouveau \u00e0 la guerre.<\/li>\n<li>Alors, on se tourne de nouveau vers Berlin.<\/li>\n<li>D\u00e8s qu\u2019il prend en main les destin\u00e9es de la France, il \u00e9crit \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric-Guillaume III, pour l\u2019assurer que la France est d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 rester en paix avec la Prusse, et par cela m\u00eame, d\u2019assurer la paix de l\u2019Europe, dans le respect des trait\u00e9s. C\u2019est Duroc qui emporte la lettre \u00e0 Berlin\u00a0: il sera parfaitement tromp\u00e9 sur les sentiments r\u00e9els de la Cour \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la France, o\u00f9 cette derni\u00e8re n\u2019est pas, c\u2019est le moins que l\u2019on peut dire, en odeur de saintet\u00e9. Et la r\u00e9ponse de Berlin se borne aux f\u00e9licitations banales dues au nouveau gouvernement fran\u00e7ais.<\/li>\n<li>L\u2019illusion de Bonaparte, comme de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, consistant \u00e0 penser que l\u2019alliance prussienne permettrait\u00a0:<\/li>\n<li>de contre-balancer la puissance de l\u2019Autriche<\/li>\n<li>d\u2019avoir la possibilit\u00e9 d\u2019occuper ou de faire occuper le Hanovre, point faible de l\u2019Angleterre sur le continent\u00a0;<\/li>\n<\/ul>\n<p>de fermer les ports du nord aux navires anglais.<\/p>\n<p>subit l\u00e0 un s\u00e9rieux revers.<\/p>\n<p>Le <strong>21 janvier 1800<\/strong>, Bonaparte \u00e9crit \u00e0 Talleyrand\u00a0:<\/p>\n<p>Quel parti serait-il possible de tirer de la Prusse pour acc\u00e9l\u00e9rer la paix g\u00e9n\u00e9rale continentale ou partielle, avec quelqu\u2019une des puissances bellig\u00e9rantes\u00a0? Quelle esp\u00e8ce de notification pourrait-on lui faire pour l\u2019engager de plus en plus en notre faveur\u00a0? Et la d\u00e9cider \u00e0 se mettre \u00e0 la t\u00eate de la ligue du Nord, ce qui mettrait un frein \u00e0 l\u2019ambition d\u00e9mesur\u00e9e de la Russie\u00a0?<\/p>\n<p>Un peu plus tard, Bonaparte va m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 dire \u00e0 l\u2019ambassadeur de Prusse\u00a0:<\/p>\n<p>Le roi de Prusse voudrait-il op\u00e9rer une r\u00e9conciliation utile entre la France et la Russie\u00a0? Je m\u2019engagerais alors \u00e0 ne faire la paix avec l\u2019Autriche que sous les conditions qui seront jug\u00e9es les plus convenables au maintien de l\u2019\u00e9quilibre g\u00e9n\u00e9ral\u2026 En Allemagne, je tiens \u00e0 la ligne du Rhin dans le sens d\u00e9termin\u00e9 par Campo-Formio, mettant de cot\u00e9 tout ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9rog\u00e9 par l\u2019ancien Directoire\u2026 Je laisserai encore au roi de Prusse le choix de rentrer, \u00e0 la paix, en possession de ses provinces transrh\u00e9nanes, s\u2019il pr\u00e9f\u00e9rait de les conserver \u00e0 les \u00e9changer.<\/p>\n<p>En fait, \u00e0 Saint-Petersbourg on ne veut rien entendre de \u00ab\u00a0l\u2019usurpateur corse\u00a0\u00bb . Et lorsque Bonaparte r\u00e9alise que la lenteur de la Prusse \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 ses sollicitations ne sont que man\u0153uvres, il informe l\u2019ambassadeur prussien\u00a0 qu\u2019il d\u00e9cline, provisoirement, la m\u00e9diation de la Prusse. Il fera la guerre \u00ab\u00a0puisqu\u2019on l\u2019y force\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le mois suivant, la Prusse \u00e9labore en secret, avec la Russie, une convention contre la France, jouant, le croit-elle, la carte des vainqueurs.<\/p>\n<p>L\u2019apr\u00e8s Marengo<\/p>\n<p>Bien \u00e9videmment, Marengo (<strong>14 juin 1800<\/strong>) lui fait reprendre ses esprits et l\u2019am\u00e8ne bien vite \u00e0 refaire des offres de service \u00e0 la France, soit de m\u00e9diation g\u00e9n\u00e9rale soit de r\u00e9conciliation avec la Russie. Si la r\u00e9ponse du premier Consul n\u2019est pas vraiment diplomatique, elle n\u2019en est pas moins empreinte de bon sens\u00a0:<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas apr\u00e8s Marengo, mais avant, qu\u2019il fallait se d\u00e9cider \u00e0 agir, attendu qu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent il n\u2019a plus besoin de personne pour traiter avec l\u2019Autriche abattue.<\/p>\n<p><em>Mais comme la Cour de Berlin laisse entendre qu\u2019elle est \u00e0 l\u2019origine de la Ligue des neutres, Bonaparte, comme chaque fois que l\u2019on se pr\u00e9sente en ennemi de l\u2019Angleterre, s\u2019adoucit et finit par accepter les offres en vue d\u2019inciter Paul Ier \u00e0 \u00eatre le m\u00e9diateur de la paix g\u00e9n\u00e9rale. Car il pense que, face \u00e0 la France, \u00e0 la Russie et \u00e0 la Prusse, unies, et \u00e0 une Autriche battue, l\u2019Angleterre devra se soumettre.<\/em><\/p>\n<p><em>Il se leurre, bien s\u00fbr. D\u2019autant plus que le roi de Prusse, dans le m\u00eame temps, n\u00e9gocie avec la Russie, et signe, avec elle, un trait\u00e9 d\u2019alliance offensive et d\u00e9fensive, qui, par ailleurs, n\u2019offre aucun avantage \u00e0 celle-ci, mais assure son concours illimit\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><em>Comme si cela ne suffisait pas pour compliquer les choses, Paul Ier, dans un de ses revirements propre \u00e0 son caract\u00e8re, se prend, apr\u00e8s Marengo, d\u2019enthousiasme pour Bonaparte. Celui-ci en profite pour\u00a0 renvoyer chez eux quelques 7.000 prisonniers russes, \u00e9quip\u00e9s de la t\u00eate aux pieds aux frais de la R\u00e9publique. Lesquels se mettent en route\u2026. le jour o\u00f9 Paul Ier est assassin\u00e9\u00a0! Mais il avait eu le temps de se mettre \u00e0 la t\u00eate de la Ligue du Nord, de chasser le pr\u00e9tendant au tr\u00f4ne de France de Mittau, et d\u2019exprimer des sentiments violents envers l\u2019Angleterre, attitude propre, on en convient, \u00e0 s\u2019attirer la bienveillance du Premier Consul\u00a0!<\/em><\/p>\n<p><em>Le courant passe donc de nouveau entre les deux pays. Bonaparte propose \u00e0 Paul Ier d\u2019attacher son nom au percement du canal de Suez, (\u00ab\u00a0travail facile et de peu de temps\u00a0\u00bb\u00a0!), pour an\u00e9antir le commerce anglais. Paul Ier r\u00e9pond par la proposition d\u2019une invasion de l\u2019Inde.<\/em><\/p>\n<p><em>On le voit, les relations entre les deux pays, rompues depuis dix ans, reprenaient vie, sans le concours de la Prusse. Celle-ci se trouve mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart, et n\u2019aura pas de place \u00e0 la table des n\u00e9gociations, o\u00f9 elle aurait bien aim\u00e9 veiller \u00e0 ce que l\u2019Autriche ne soit pas trop bien trait\u00e9e o\u00f9 ne se r\u00e9concilie trop avec la France. C\u2019est la un s\u00e9rieux revers pour la cour de Berlin, qui envoie un nouvel ambassadeur \u2013le marquis de Lucchesini \u2013 dont le r\u00f4le sera essentiellement de surveiller les relations qui semblent s\u2019instaurer entre Paris et Vienne.<\/em><\/p>\n<p><strong><em>La paix continentale<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Le 9 f\u00e9vrier<\/em><\/strong><em> <strong>1801<\/strong>, la paix est sign\u00e9e \u00e0 <strong>Lun\u00e9ville<\/strong>. L\u2019article 6 reconna\u00eet le rattachement de la totalit\u00e9 de la rive gauche du Rhin \u00e0 la France, et l\u2019article 7 traite des d\u00e9dommagements qu\u2019il y aura lieu de trouver, au sein m\u00eame du Saint-Empire mourant, aux princes h\u00e9r\u00e9ditaires d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li><strong><em> F\u00e9vrier 1802 \u2013 mars 180 &#8211; Entre deux paix<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p><em>Le France \u2013 c\u2019est \u00e0 dire le Premier Consul \u2013 va de nouveau jouer la carte de l\u2019alliance avec la Prusse. <\/em><\/p>\n<p><em>Le <strong>20 mars 1801<\/strong>, celle-ci donne l\u2019ordre d\u2019envahir le Hanovre, sous la pression il est vrai de la Russie, l\u2019acceptation occulte de la France et, peut-\u00eatre avec l\u2019accord de l\u2019Angleterre (\u00e0 qui le Hanovre sera d\u2019ailleurs rendu d\u00e8s la signature des pr\u00e9liminaires de paix entre Paris et Londres, le 1<sup>er<\/sup> octobre de la m\u00eame ann\u00e9e.). Berlin entend par l\u00e0 afficher ses pr\u00e9tentions en mati\u00e8re d\u2019indemnisations.<\/em><\/p>\n<p><em>Le <strong>23 mars 1801<\/strong>, Paul Ier est assassin\u00e9, son fils Alexandre Ier, par ailleurs largement impliqu\u00e9 dans l\u2019ex\u00e9cution de ce tsar qui commen\u00e7ait s\u00e9rieusement \u00e0 d\u00e9plaire aux anglais, lui succ\u00e8de.\u00a0Lorsque Bonaparte l\u2019apprend, il s\u2019exclame\u00a0:<\/em><\/p>\n<p>L\u2019empereur de Russie a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 le 23 mars\u00a0; la flotte anglaise a pass\u00e9\u00a0 le Sund le 30\u00a0: l\u2019histoire dira le rapport qui existe entre ces deux faits. <em>(Ici, il faudrait avoir le temps de s\u2019attarder sur l\u2019affaire du bombardement de Copenhague par la flotte anglaise)<\/em><\/p>\n<p><em>Mais Alexandre n\u2019a pas vraiment, pour le moment, de motif de se ranger ouvertement du cot\u00e9 de l\u2019Angleterre, ce qui, d\u2019ailleurs, lui am\u00e8nerait imm\u00e9diatement l\u2019hostilit\u00e9 du Premier consul. Ce qu\u2019il souhaite, c\u2019est pouvoir dire son mot dans la r\u00e9organisation de l\u2019Europe, m\u00eame s\u2019il faut pour cela s\u2019entendre avec Bonaparte.<\/em><\/p>\n<p><em>Le <strong>8 octobre 1801<\/strong>, le trait\u00e9 de Paris est sign\u00e9 entre la France et la Russie, partageant de fait les affaires du continent entre les deux pays. La Russie devient le \u00ab\u00a0m\u00e9diateur\u00a0\u00bb des affaires des conflits europ\u00e9ens, avec en particulier un droit de regard sur les indemnit\u00e9s aux \u00c9tats \u00ab\u00a0l\u00e9s\u00e9s\u00a0\u00bb par le trait\u00e9 de Lun\u00e9ville. Les deux paix reconnaissent \u00e9galement l\u2019ind\u00e9pendance du royaume de Naples et la souverainet\u00e9 de la France sur la rive gauche du Rhin. Pour utiliser une expression moderne, on est l\u00e0 bien dans une \u00ab\u00a0logique de paix\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Depuis <strong>avril 1801<\/strong>, Henry Addington avait remplac\u00e9 William Pitt \u00e0 la t\u00eate du Cabinet britannique. Les n\u00e9gociations pour enfin r\u00e9tablir la paix entre la France et l\u2019Angleterre vont, avec des hauts et des bas, des \u00e9preuves de force, et beaucoup de pers\u00e9v\u00e9rance de la part de Talleyrand et d\u2019Hawkesbury, vont d\u2019abord, le <strong>1<sup>er<\/sup> octobre 1801<\/strong>, signer des pr\u00e9liminaires.<\/em><\/p>\n<p><em>En <strong>janvier 1802<\/strong>, la Consulte italienne, r\u00e9unie \u00e0 Lyon, \u00e9lit Bonaparte Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique italienne.<\/em><\/p>\n<p><em>C\u2019est donc en connaissance de cause que, le <strong>25 mars 1802, <\/strong>l\u2019Angleterre accepte enfin la paix, sign\u00e9e par Lord Cornwallis et Joseph Bonaparte. <\/em><\/p>\n<p><em>Quels sont les clauses majeures de ce trait\u00e9\u00a0?<\/em><\/p>\n<p><strong>ART. I.<\/strong><strong>er\u00a0<\/strong>Il y aura paix, amiti\u00e9 et bonne intelligence entre la R\u00e9publique fran\u00e7aise, sa majest\u00e9 le roi d&#8217;Espagne, ses h\u00e9ritiers et successeurs, et la R\u00e9publique batave, d&#8217;une part ; et sa majest\u00e9 le roi du royaume uni de la Grande-Bretagne et d&#8217;Irlande, ses h\u00e9ritiers et successeurs, d&#8217;autre part\u00a0;<\/p>\n<p>Les parties contractantes apporteront la plus grande attention \u00e0 maintenir une parfaite harmonie entre elles et leurs \u00e9tats, sans permettre que, de part ni d&#8217;autre, on commette aucune sorte d&#8217;hostilit\u00e9 par terre ou par mer, pour quelque cause et sous quelque pr\u00e9texte que ce puisse \u00eatre.<\/p>\n<p>Elles \u00e9viteront soigneusement tout ce qui pourrait alt\u00e9rer \u00e0 l&#8217;avenir l&#8217;union heureusement r\u00e9tablie, et ne donneront aucun secours ni protection, soit directement, soit indirectement, \u00e0 ceux qui voudraient porter pr\u00e9judice \u00e0 aucune d&#8217;elles.<\/p>\n<p><strong>Article <\/strong><strong>III<\/strong>. Sa Majest\u00e9 Britannique restitue \u00e0 la R\u00e9publique fran\u00e7aise et \u00e0 ses alli\u00e9s ; savoir,<\/p>\n<p>&#8211; \u00e0 sa majest\u00e9 Catholique et \u00e0 la R\u00e9publique batave, toutes les possessions et colonies qui leur appartenaient respectivement, et qui ont \u00e9t\u00e9 occup\u00e9es ou conquises par les forces britanniques dans le cours de la guerre, \u00e0 l&#8217;exception de l&#8217;\u00eele de la Trinit\u00e9 et des possessions hollandaises dans l&#8217;\u00eele de Ceylan<\/p>\n<p>&#8211; Les \u00eeles de Malte, de Gozo et Comino, seront rendues \u00e0 l&#8217;ordre de Saint-Jean-de-J\u00e9rusalem, pour \u00eatre par lui tenues aux m\u00eames conditions auxquelles il les poss\u00e9dait avant la guerre, et sous les stipulations suivantes :<\/p>\n<p>Les forces de sa majest\u00e9 Britannique \u00e9vacueront l&#8217;\u00eele et ses d\u00e9pendances dans les trois mois qui suivront l&#8217;\u00e9change des ratifications, ou plus t\u00f4t, si faire se peut. A cette \u00e9poque, elle sera remise \u00e0 l&#8217;ordre dans l&#8217;\u00e9tat o\u00f9 elle se trouve, pourvu que le grand-ma\u00eetre ou des commissaires pleinement autoris\u00e9s suivant les statuts de l&#8217;ordre, soient dans ladite \u00eele, pour en prendre possession, et que la force qui doit \u00eatre fournie par sa majest\u00e9 Sicilienne, comme il est ci-apr\u00e8s stipul\u00e9, y soit arriv\u00e9e.<\/p>\n<p>Article VIII<\/p>\n<p>(\u2026)<\/p>\n<p>Les territoires, possessions et droits de la Sublime Porte sont maintenu dans leur int\u00e9grit\u00e9, tels qu\u2019ils \u00e9taient avant la guerre (\u2026)<\/p>\n<p>L\u2019Angleterre, donc, \u00e9vacuera l\u2019\u00c9gypte (au profit de la Turquie), Malte (rendue \u00e0 ses Chevaliers, et non \u00e0 la France, il faut ici le souligner) et rendra les colonies des alli\u00e9s de la France, Espagne et R\u00e9publique batave. La France, elle, rendra les ports de Brindisi, Tarente et Otrante au roi de Naples.<\/p>\n<p>Rien dans le trait\u00e9 ne concerne les modifications intervenues en Europe\u00a0: il n\u2019est fait aucune allusion \u00e0 la Belgique et \u00e0 la rive gauche du Rhin, ni aux transformations de l\u2019Italie\u00a0;\u00a0 pas plus qu\u2019il n\u2019\u00e9voque un quelconque trait\u00e9 commercial entre les deux nations.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Que voil\u00e0 un trait\u00e9 de paix bien \u00e9trange\u00a0!<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C<em>ette pr\u00e9tendue paix, c\u2019est encore la pr\u00e9paration de la guerre<\/em>\u00a0\u00bb,\u00a0 dit-on \u00e0 Berlin\u00a0;<\/p>\n<p>cette paix \u00ab\u00a0dont tout le monde \u00e9tait content, mais dont personne n\u2019\u00e9tait fier\u00a0\u00bb rench\u00e9rit-on \u00e0 Londres (ce sont les propres termes de l\u2019Anglais Canning)\u00a0;<br \/>\ncette paix, enfin, dont Malmesbury disait, durant les n\u00e9gociations \u00ab\u00a0La paix, Sire, dans une semaine, la guerre dans un mois\u00a0\u00bb et se voyait r\u00e9pondre par le roi .\u00a0\u00ab\u00a0Vous \u00eates un grand proph\u00e8te, je crois que votre pr\u00e9diction va se r\u00e9aliser\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Disons-le toutefois, cette paix est accueillie partout, et particuli\u00e8rement \u00e0 Londres, avec enthousiasme.<\/p>\n<ol>\n<li><strong> Mars 1802 \u2013 f\u00e9vrier 1803 &#8211; Une paix fragile.<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p><strong>Tractations ici et l\u00e0<\/strong><\/p>\n<p>Alexandre Ier va rapidement faire les yeux doux \u00e0 la diplomatie anglaise (le <strong>17 juin 1802<\/strong> il reconna\u00eet aux anglais le droit de visite sur les b\u00e2timents m\u00eame convoy\u00e9s) et la Prusse en fait autant vis-\u00e0-vis de la Russie. Le roi et la reine de Prusse (la belle Reine Louise) rencontrent Alexandre \u00e0 Memel. A l\u2019issue de cette rencontre, la Russie reconna\u00eet les agrandissements de la Prusse.<\/p>\n<p>Le <strong>3 ao\u00fbt<\/strong>, jour anniversaire\u00a0 du roi de Prusse, les troupes prussiennes prennent possession des territoires attribu\u00e9s \u00e0 la couronne prussienne.. Et lorsque l\u2019Autriche, ayant de son cot\u00e9 pris possession de Passau, pourtant r\u00e9volu \u00e0 la Bavi\u00e8re, proclamant haut et fort qu\u2019elle ne l\u2019abandonnera que si les autres princes, r\u00e9cemment b\u00e9n\u00e9ficiaires, en feraient autant, la Prusse se tourne vers la France et un trait\u00e9 est sign\u00e9, le <strong>5 septembre 1802<\/strong>, qui pr\u00e9voit une alliance arm\u00e9e franco-prussienne en cas de guerre.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un \u00e9v\u00e9nement important\u00a0: c\u2019est en fait le retour de la France dans la cour des grands, au sein des puissances monarchiques, car, pour la premi\u00e8re fois depuis la R\u00e9volution, on envisage que des troupes r\u00e9publicaines combattent cote \u00e0 c\u00f4te avec des troupes monarchiques\u00a0!<\/p>\n<p>Bonaparte, <strong>le 6 septembre<\/strong>, rench\u00e9rit\u00a0:<\/p>\n<p>Mon v\u0153u le plus doux est de voir de plus en plus la Prusse et la France marcher de concert, et par cette union asseoir la paix du continent sur des bases s\u00fbres, \u00e0 l\u2019abri des intrigues d\u2019outre-mer (facit\u00a0: l\u2019Angleterre)<\/p>\n<p>La convention est ratifi\u00e9e le <strong>18 septembre<\/strong>, ce qui n\u2019emp\u00eache pas le roi de Prusse d\u2019\u00e9crire, le <strong>8 octobre<\/strong>, \u00e0 la Russie\u00a0:<\/p>\n<p>La convention du 5 septembre\u2026.. a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9e par surprise, sans ordres.<\/p>\n<p>C\u2019est qu\u2019\u00e0 Berlin, une fois de plus, le roi balance entre son Cabinet, plut\u00f4t port\u00e9 \u00e0 la paix, et le parti de la Reine, qui tire en sens contraire, c\u2019est \u00e0 dire vers la Russie. Situation difficile pour un individu que l\u2019action r\u00e9pugne, et qui disait souvent \u00ab\u00a0Pourquoi m\u2019ont-il fait roi\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<ul>\n<li><strong>La brouille avec l\u2019Angleterre<\/strong><\/li>\n<li>A partir de la fin de 1802, les \u00e9v\u00e8nements vont s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer, et il faut, pour appr\u00e9cier la situation, soigneusement regarder le calendrier.<\/li>\n<li>A Londres, en <strong>novembre 1802<\/strong>, dans son discours devant le parlement, Georges III d\u00e9clare que les \u201cchangements\u201d intervenus sur le Continent (Pi\u00e9mont, Suisse) r\u00e9clament des mesures de s\u00e9curit\u00e9 de la part de la Grande-Bretagne. La marine et l\u2019arm\u00e9e sont mises sur le pied de guerre, et l\u2019on ne regarde plus l\u2019\u00e9vacuation de Malte comme allant de soi.<\/li>\n<li>Ce m\u00eame mois, un \u00e9v\u00e9nement survient, dont il ne faudra pas n\u00e9gliger l\u2019importance\u00a0: Londres et Paris \u00e9change de nouveau des ambassadeurs. Car, si Bonaparte nomme le g\u00e9n\u00e9ral Andreossy, dont chacun se plait \u00e0 reconna\u00eetre les penchants anglophiles, et dont<\/li>\n<li>La nouvelle de l\u2019arriv\u00e9e cause ici la plus grande satisfaction (Otto \u00e0 Talleyrand)<\/li>\n<li>Addington nomme Lord Whitworth, un opposant d\u00e9clar\u00e9 du trait\u00e9 d\u2019Amiens, ami proche de Grenville et de ceux que l\u2019on appellerait aujourd\u2019hui les \u00ab\u00a0faucons.\u00a0\u00bb, plus proche en cela de Pitt que de Addington, dont les rapports fr\u00e9quents ne seront que de violentes diatribes contre le Premier Consul, et qui, en priv\u00e9, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 assurer que l\u2019Angleterre n\u2019abandonnera jamais Malte.<\/li>\n<li>Deux mois plus tard, la publication ostensible, dans le Moniteur, du rapport de la mission Sebastiani au Proche-Orient, laissant deviner, pour qui veut le croire, les permanentes aspirations fran\u00e7aises en Orient (selon le rapport, une force de seulement 6.000 hommes serait suffisante pour mettre \u00e0 la raison l\u2019arm\u00e9e anglaise pr\u00e9sente en \u00c9gypte \u2013 que d\u2019ailleurs elle aurait du \u00e9vacuer aux termes de l\u2019article VIII du trait\u00e9 d\u2019Amiens), entra\u00eene une demande d\u2019explication de la part de Londres, qui, en attendant, entend bien se maintenir \u00e0 Malte. D\u00e8s ce moment, les relations entre Londres et Paris ne peuvent que s\u2019envenimer.<\/li>\n<li>Le <strong>20 janvier 1803<\/strong>, l\u2019ambassadeur britannique \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg informe son ministre<\/li>\n<li>Que l\u2019Empereur souhaite que l\u2019Angleterre conserve Malte.<\/li>\n<li>Huit jours plus tard, c\u2019est le roi Georges III lui-m\u00eame qui exprime l\u2019espoir que la restitution de Malte sera retard\u00e9e le plus longtemps possible.<\/li>\n<li>Le <strong>18 f\u00e9vrier 1803<\/strong>, convoqu\u00e9 par Bonaparte, l\u2019ambassadeur Whitworth se voit r\u00e9clamer l\u2019\u00e9vacuation de Malte.<\/li>\n<li>Mais l\u2019Angleterre refuse d\u2019ex\u00e9cuter l\u2019article 10 du trait\u00e9 d\u2019Amiens\u00a0:<\/li>\n<li>Les forces britanniques \u00e9vacueront l\u2019\u00eele de Malte dans les trois mois qui suivront l\u2019\u00e9change des ratifications<\/li>\n<li>Ouvertement, Londres pr\u00e9tend n\u2019\u00e9vacuer l\u2019\u00eele que dans 7 ans, voire 10\u00a0! \u00c9trange d\u00e9cision, alors que la France, qui devait \u00e9vacuer Naples, Tarente et les \u00c9tats romains dans un d\u00e9lai de trois mois, les a quitt\u00e9 en moins de deux. Susceptible, en tous les cas, de provoquer l\u2019irritation du gouvernement fran\u00e7ais, dont les pr\u00e9d\u00e9cesseurs (Rewbell \u2013 Lar\u00e9velli\u00e8re-Lepeaux) d\u00e9claraient, d\u00e8s 1798\u00a0:<\/li>\n<li>Si l\u2019Angleterre a Malte et si nous n\u2019avons pas la Sicile, c\u2019en est fait de la navigation dans la M\u00e9diterran\u00e9e<\/li>\n<li>Pour sa justification, l\u2019Angleterre met toujours en avant<\/li>\n<li>l\u2019annexion du Pi\u00e9mont, le <strong>11 septembre 1802<\/strong>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette question m\u00e9riterait de plus grands d\u00e9veloppements, dont se chargera, j\u2019en suis s\u00fbr, Marco Baratto. En f\u00e9vrier 1799, par r\u00e9f\u00e9rendum, organis\u00e9 de fa\u00e7on relativement douteuse, les habitants avaient vot\u00e9 l\u2019annexion \u00e0 la France, sans pouvoir en profiter, puisque peu apr\u00e8s les Russes entraient au Pi\u00e9mont.. Puis ce fut Marengo, et les deux paix de Lun\u00e9ville et d\u2019Amiens, qui se gardent bien d\u2019en faire mention (les troupes fran\u00e7aises occupaient alors le Pi\u00e9mont, et Londres fit m\u00eame des d\u00e9marches pour obtenir une indemnit\u00e9 pour le roi de Sardaigne, en cas d\u2019annexion qu\u2019on jugeait alors in\u00e9vitable). Bonaparte consid\u00e9rait d\u00e8s lors avoir les mains libres, et qu\u2019il pouvait, en droit, se valoir, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, nous dira Marco Baratto, des r\u00e9sultats du r\u00e9f\u00e9rendum. Le <strong>12 avril 1801, <\/strong>le Pi\u00e9mont \u00e9tait devenu la 27<sup>e<\/sup> division militaire, et en <strong>juin 1801 <\/strong>une d\u00e9putation pi\u00e9montaise profran\u00e7aise avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e \u00e0 Paris, afin d\u2019y pr\u00e9senter une p\u00e9tition en faveur de l\u2019annexion.<\/p>\n<ul>\n<li>l\u2019Acte de M\u00e9diation de la Suisse (<strong>19 f\u00e9vrier 1803<\/strong>), pourtant approuv\u00e9 par tout le reste de l\u2019Europe. L\u00e0 aussi, il faudrait s\u2019\u00e9tendre largement sur cette question, dans laquelle le gouvernement de Londres fut largement impliqu\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>la vente de la Louisiane, le <strong>30 avril 1803<\/strong>, , qui en fait n\u2019avantage pas la France, et n\u2019a rien \u00e0 faire avec le trait\u00e9 d\u2019Amiens\u2026. Mais fait rentrer de l\u2019argent dans les caisses de la France, au cas o\u00f9\u2026..<\/p>\n<p>En fait, comme l\u2019exprimera un proche de Pitt, le Cabinet \u00e9tait<\/p>\n<p>impatient de saisir toute occasion pouvant sembler justifi\u00e9e pour garder Malte.<\/p>\n<p>Plus tard (en mai), somm\u00e9 par Fox de se justifier au Parlement de Londres, qui consid\u00e8rera que l\u2019on allait faire la guerre \u00ab\u00a0pour Malte, sans aucun int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9reux et g\u00e9n\u00e9ral pour l\u2019Europe\u00a0\u00bb, pour<\/p>\n<p>Malta\u00a0! Malta\u00a0! plain, bare, naked Malta, unconnected with any other interest\u00a0! What point of honour can the retention of Malta be to you ?<\/p>\n<p>lord Hawkesbury avouera que<\/p>\n<p>Aucun de ces points (n\u2019est) lui m\u00eame la cause de la guerre, mais que, r\u00e9unis, ils (forment) ensemble une masse d\u2019agressions qui justifie la conduite belliqueuse du gouvernement<\/p>\n<p>Dans un premier temps, Bonaparte garde son calme, et va faire appel, le <strong>11 mars 1803<\/strong>, au roi de Prusse et au tsar\u00a0:<\/p>\n<p>Au roi de Prusse<\/p>\n<p>La France devait \u00e9vacuer les \u00c9tats de Naples (\u2026) trois mois apr\u00e8s la signature du trait\u00e9 d\u2019Amiens. J\u2019ai ponctuellement rempli les conditions du trait\u00e9. L\u2019Angleterre devait, dans le m\u00eame temps, \u00e9vacuer Malte. (\u2026) Aujourd\u2019hui l\u2019Angleterre l\u00e8ve le masque et me d\u00e9clare qu\u2019elle d\u00e9sire garder Malte pendant cette ans. Cette violation manifeste d\u2019un trait\u00e9 ne saurait \u00eatre soufferte par la France. Cependant la guerre est un malheur que je ne saurais trop d\u00e9plorer, et je d\u00e9sirerais que Votre Majest\u00e9, comme ayant \u00e9t\u00e9 vivement sollicit\u00e9e par l\u2019Angleterre de garantir l\u2019Ordre de Malte, voul\u00fbt prendre quelque int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce que l\u2019article du trait\u00e9 fut ex\u00e9cut\u00e9.<\/p>\n<p>A l\u2019Empereur de Russie<\/p>\n<p>(\u2026) Une discussion plus importante s\u2019\u00e9l\u00e8ve en ce moment avec l\u2019Angleterre\u00a0: aux termes du trait\u00e9 d\u2019Amiens, elle devait \u00e9vacuer Malte dans trois mois, comme la France devait \u00e9vacuer le port de Tarente pour la m\u00eame \u00e9poque. (\u2026)<\/p>\n<p>Elle m\u2019a fait conna\u00eetre qu\u2019elle d\u00e9sirait garder Malte pendant sept ans. J\u2019avouerai \u00e0 Votre Majest\u00e9 qu\u2019un manquement de foi si extraordinaire m\u2019a fort \u00e9tonn\u00e9, et je crois qu\u2019il est sans exemple dans l\u2019histoire. Comment pourra-t-on traiter d\u00e9sormais si l\u2019on peut violer ainsi l\u2019esprit et la lettre des trait\u00e9s (\u2026) Je r\u00e9clame l\u2019intervention de Votre Majest\u00e9\u00a0; elle me para\u00eet n\u00e9cessaire pour la continuation de la paix maritime.<\/p>\n<p>Les int\u00e9ress\u00e9s approuvent manifestement la position du Premier consul\u00a0: le premier est \u00ab\u00a0loin d\u2019excuser les proc\u00e9d\u00e9s de l\u2019Angleterre\u00a0\u00bb, le second qualifie la \u00ab\u00a0conduite de l\u2019Angleterre contraire \u00e0 la lettre du trait\u00e9 d\u2019Amiens\u00a0\u00bb. Un diplomate russe (Morkoff), peu suspect de francophilie, reconna\u00eet que \u00ab\u00a0la raison est plus fond\u00e9e du cot\u00e9 de Bonaparte que du cot\u00e9 de l\u2019Angleterre\u00a0\u00bb. Et Hardenberg, dans ses M\u00e9moires, ira jusqu\u2019\u00e0 \u00e9crire (qu\u2019il) \u00ab\u00a0eut \u00e9t\u00e9 d\u00e9sirable que l\u2019Angleterre montra pour la paix autant de bon vouloir que Napol\u00e9on\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le <strong>25 f\u00e9vrier 1803<\/strong>, la Di\u00e8te de Ratisbonne adopte le rec\u00e8s principal de l\u2019Empire, que les m\u00e9diateurs fran\u00e7ais et russes ont pr\u00e9alablement approuv\u00e9. La structure politique de l\u2019Empire est boulevers\u00e9e, 112 \u00c9tats Membres \u2013soit pr\u00e8s de la moiti\u00e9 &#8211;\u00a0 disparaissent.. Les \u00c9tats moyens \u2013 Bade, W\u00fcrttemberg, Bavi\u00e8re) sont les principaux b\u00e9n\u00e9ficiaires de ces m\u00e9diatisations, et sauront bient\u00f4t se montrer reconnaissants envers leur protecteur.<\/p>\n<p>Le <strong>8 mars 1803<\/strong>, dans son discours du tr\u00f4ne, George III annonce au Parlement anglais la lev\u00e9e des milices dans le pays (environ 90.000 hommes).<\/p>\n<p>Les expressions de ce message \u00e9taient si hostiles qu\u2019il pouvait \u00eatre pris pour une sorte de d\u00e9claration de guerre (Miot de Melito)<\/p>\n<ul>\n<li>Le <strong>13 mars 1803<\/strong>, Bonaparte a une nouvelle entrevue avec l\u2019ambassadeur Whitworth, au cours de laquelle le Premier Consul accentue ses propos belliqueux du 18 f\u00e9vrier.<\/li>\n<li>Comme les remontrances de la France ne sont en rien suivies d\u2019effet de la part de l\u2019Angleterre, Bonaparte va se r\u00e9soudre \u00e0 porter \u00e0 celle-ci le coup qui, fort certainement, l\u2019atteindra le mieux sur le Continent\u00a0: mettre la main sur le Hanovre. Il ne s\u2019agit pas l\u00e0 vraiment d\u2019une id\u00e9e neuve, comme en t\u00e9moigne cette d\u00e9claration de Rewbell en 1796\u00a0:<\/li>\n<li>Ce ne sera que par le Hanovre que nous parviendrons \u00e0 faire la paix avec l\u2019Angleterre\u00a0; lui seul nous donnera un point de contact avec George et avec Pitt\u2026Il faut que Georges le Britannique condescende \u00e0 la paix en faveur de George le Hanovrien.<\/li>\n<li>Certes, le Hanovre est enclav\u00e9 dans le territoire de la Prusse, et le roi aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 que cette occupation fut le fait de ses propres soldats, quitte \u00e0 restituer plus tard ces territoires \u00e0 leur propri\u00e9taire, c\u2019est \u00e0 dire l\u2019Angleterre, mais Bonaparte ne l\u2019entend pas de la m\u00eame fa\u00e7on. Cette occupation par des troupes fran\u00e7aises doit conduire \u00e0 la capture de nombreux prisonniers, que l\u2019on entend bien \u00e9changer contre les nombreux marins fran\u00e7ais captur\u00e9s par les anglais, comme le pr\u00e9cisera une note du ministre de la guerre au g\u00e9n\u00e9ral Mortier\u00a0:<\/li>\n<li>Le gouvernement attache la plus grande importance \u00e0 faire un tr\u00e8s grand nombre de prisonniers, afin d\u2019avoir un gage pour le grand nombre de matelots que les Anglais pourront prendre dans la campagne. Cette premi\u00e8re partie de votre mission qui concerne les prisonniers est presque aussi importante que l\u2019envahissement du Hanovre.<\/li>\n<li>Mais on n\u2019en est pas encore l\u00e0.<\/li>\n<li>Le <strong>11 mars 1803<\/strong>, Bonaparte ordonne l\u2019\u00e9tablissement du camp de Boulogne, pour une invasion de l\u2019Angleterre.<\/li>\n<li>Le <strong>12 mars 1803<\/strong>, Bonaparte envoie Duroc \u00e0 Berlin\u00a0:<\/li>\n<li>Si le roi de Prusse n\u2019avait pas encore re\u00e7u le message du roi d\u2019Angleterre \u00e0 la chambre des Communes, il le lui montrera.<\/li>\n<li>Duroc est porteur de longues instructions, qui ont pour but de d\u00e9truire les bruits r\u00e9pandus en Angleterre sur l\u2019attitude, qu\u2019on y dit belliqueuse, de la France. Il y explique une fois de plus la position de la France et son respect des engagements d\u2019Amiens. Ces instructions se terminent par\u00a0:<\/li>\n<li>On aura soin de dire que la paix est le premier d\u00e9sir du Gouvernement fran\u00e7ais, mais qu\u2019il pr\u00e9f\u00e8re recommencer la guerre plut\u00f4t que de rien souffrir qui soit d\u00e9shonorant. Ajouter cependant toujours qu\u2019il est impossible que le Gouvernement britannique veuille, mais qu\u2019il est tiraill\u00e9 par diff\u00e9rents partis\u00a0; qu\u2019en France il n\u2019y a qu\u2019un seul parti et qu\u2019une seule volont\u00e9.<\/li>\n<li>Duroc rapporte la r\u00e9ponse de Fr\u00e9d\u00e9rique-Guillaume III <strong>le 4 avril<\/strong>. Le roi de Prusse y d\u00e9clare ne pas excuser l\u2019attitude de l\u2019Angleterre, mais n\u2019\u00e9crit pas une seule fois le mot de Hanovre, esp\u00e9rant que la France renoncera \u00e0 en prendre possession.<\/li>\n<li>Le <strong>26 avril 1803<\/strong>, Whitworth propose \u00e0 Talleyrand :<\/li>\n<li>que l\u2019Angleterre gardera Malte pour dix ans,<\/li>\n<li>que l\u2019\u00eele de Lampedusa lui sera c\u00e9d\u00e9e (l\u2019\u00eele n\u2019appartient nullement \u00e0 la France, et n\u2019est pas m\u00eame mentionn\u00e9e dans le trait\u00e9 d\u2019Amiens).<\/li>\n<li>que la France \u00e9vacuera la Hollande et la Suisse.<\/li>\n<li>Le <strong>2 mai 1803<\/strong>, l\u2019ambassadeur anglais \u00e0 Paris, Whitworth, demande ses passeports. Pendant les jours qui suivent, on va assister \u00e0 une ballet diplomatique assez exceptionnel, visant \u00e0 \u00e9viter la rupture.<\/li>\n<li>Le <strong>7 mai 1803<\/strong>, nouvelle proposition anglaise\u00a0:<\/li>\n<li>Malte sera rendue \u00e0 ses habitants et reconnu ind\u00e9pendante aussit\u00f4t que les travaux dans l\u2019\u00eele de Lampedusa seront termin\u00e9s<\/li>\n<li>La France ne s\u2019opposera pas \u00e0 la cession de Lampedusa au roi des Deux-Siciles<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u2019Angleterre reconna\u00eetra le royaume d\u2019\u00c9trurie, les r\u00e9publiques ligure et itqlienne\u00a0; la hollande sera \u00e9vacu\u00e9e dans un d\u00e9lai d\u2019un mois, tout comme la Suisse et des compensations territoriales seront conc\u00e9d\u00e9es, en Italie, au roi de Sardaigne.<\/p>\n<p>Un article secret pr\u00e9voit que l\u2019Angleterre conservera Malte pour dix ans.<\/p>\n<p>Au cours d\u2019une entrevue avec Talleyrand, celui-ci fait la proposition de mettre Malte en d\u00e9p\u00f4t dans les mains de la Russie, sans toutefois pr\u00e9ciser une date pour cette op\u00e9ration. Whitworth accepte d\u2019envoyer un courrier \u00e0 Londres et de retarder son d\u00e9part de dix jours.<\/p>\n<p>Londres fait conna\u00eetre son refus le <strong>9 mai. <\/strong>L\u2019Angleterre tient \u00e0 Malte.<\/p>\n<p>La veille, le <strong>8 mai<\/strong>, arrive \u00e0 Paris l\u2019avis officiel d\u2019une m\u00e9diation de l\u2019empereur de Russie, dont Talleyrand se sert pour essayer de retenir \u00e0 Paris l\u2019ambassadeur anglais. Celui-ci reste inflexible. Il re\u00e7oit finalement ses passeports le 12, mais on compte bien, \u00e0 Paris, qu\u2019il voyagera suffisamment lentement pour qu\u2019on puisse le rattraper\u00a0!<\/p>\n<p>Une note est de nouveau envoy\u00e9e, <strong>le 10 mai 1803<\/strong>,\u00a0 \u00e0 Londres, avec l\u2019offre que l\u2019Angleterre gardera Malte pendant 10 ans \u00ab\u00a0\u00e0 la condition que la France occupera la presqu\u2019\u00eele d\u2019Otrante et les positions qu\u2019elle d\u00e9tenait au moment de la signature du trait\u00e9 d\u2019Amiens dans le royaume de Naples\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Peine perdue. Lord Whitworthsera \u00e0 Douvres le <strong>17 mai<\/strong>, et le <strong>18 mai 1803<\/strong>, l\u2019ambassadeur fran\u00e7ais Andreossy quittera le sol anglais. Le point de non retour venait d\u2019\u00eatre atteint.<\/p>\n<p>Le lendemain du d\u00e9part de l\u2019ambassadeur anglais, le Premier Consul envoie au g\u00e9n\u00e9ral Mortier l\u2019ordre de lever le camp de Nim\u00e8gue et de se rapprocher de la fronti\u00e8re du Hanovre, tout en pr\u00e9cisant \u00e0 nos repr\u00e9sentants \u00e0 Florence, en R\u00e9publique ligurienne et en R\u00e9publique batave\u00a0:<\/p>\n<p>La guerre n\u2019est cependant pas encore d\u00e9clar\u00e9e.<\/p>\n<p>Le casus belli survient le <strong>16 mai<\/strong>, lorsque Londres d\u00e9clare l\u2019embargo anglais sur tous les navires fran\u00e7ais et hollandais et, lorsque, le <strong>18 mai 1803<\/strong>, la fr\u00e9gate anglaise Doris enl\u00e8ve au large d\u2019Ouessant le lougre fran\u00e7ais l\u2019Affronteur. C\u2019est en fait une d\u00e9claration de guerre.<\/p>\n<ul>\n<li><strong> Mai 1803 \u2013 Septembre 1805 \u2013 Vers la Troisi\u00e8me Coalition<\/strong><\/li>\n<li>La r\u00e9ponse de Bonaparte ne se fait pas attendre\u00a0:<\/li>\n<li>Le <strong>20 mai 1803<\/strong>, annonce est faite aux Assembl\u00e9es, \u00e0 Paris, de la rupture de la paix d\u2019Amiens sans d\u00e9claration de guerre de l\u2019Angleterre.<\/li>\n<li>le <strong>22 mai<\/strong>, un d\u00e9cret ordonne que seront arr\u00eat\u00e9s et constitu\u00e9s prisonniers de guerre, comme otages, tous les Anglais voyageant ou commer\u00e7ant en France, et,<\/li>\n<\/ul>\n<p>le <strong>23 mai<\/strong>, ordre est d\u00e9finitivement donn\u00e9 \u00e0 Mortier d\u2019envahir imm\u00e9diatement\u00a0 le Hanovre.<\/p>\n<p>L\u2019Angleterre, sans d\u00e9claration de guerre, a commenc\u00e9 les hostilit\u00e9s et deux bateaux caboteurs ont \u00e9t\u00e9 pris devant brest. Il n\u2019y a donc plus aucun m\u00e9nagement \u00e0 garder et c\u2019est \u00e1 vous, citoyen g\u00e9n\u00e9ral, qu\u2019est r\u00e9serv\u00e9 l\u2019honneur de porter les premiers coups contre les Anglais. Vous devez envahie l\u2019\u00c9lectorat de Hanovre et le duch\u00e9 d\u2019Osnabr\u00fcck, et tout ce qui appartient \u00e0 l\u2019Angleterre dans le pays de Hanovre.<\/p>\n<p>L\u2019affaire est rondement men\u00e9e, et neuf jours, le pays est occup\u00e9 et l\u2019arm\u00e9e hanovrienne prisonni\u00e8re. Le <strong>5 juin 1803<\/strong>, Mortier entre dans la ville de Hanovre. A Berlin, on prend acte\u00a0:<\/p>\n<p>Devant l\u2019\u00e9tat des choses dans le pays de Hanovre et la soumission volontaire de l\u2019\u00c9lectorat, je ne vois plus pour le moment, dans la position des fran\u00e7ais, que le voisinage de troupes amies.<\/p>\n<p>Dans la foul\u00e9e, les villes de Hambourg et de Br\u00eame sont contraintes \u00e0 une neutralit\u00e9 favorable \u00e0 la France.<\/p>\n<p>Ce m\u00eame mois de <strong>juin 1803<\/strong> voit la r\u00e9activation effective des plans de d\u00e9barquement en Angleterre et le d\u00e9but des grands travaux du camp de Boulogne, et le 27, l\u2019Angleterre signifie qu\u2019elle ne rendra pas Malte.<\/p>\n<p>Le 19 juillet 1803, le tsar Alexandre fait des propositions de m\u00e9diation\u00a0:<\/p>\n<p>Malte recevra une garnison russe<\/p>\n<p>L\u2019Angleterre prendra possession de l\u2019\u00eele de Lampedusa<\/p>\n<p>La France gardera le Pi\u00e9mont, sous r\u00e9serve que le roi sera indemnis\u00e9<\/p>\n<p>L\u2019Europe (sans doute le tsar pense-t-il \u00e0 lui) garantira la neutralit\u00e9 des \u00c9tats italiens, de la Hollande, de la Suisse, de l\u2019Allemagne et de la Turquie.<\/p>\n<p>Ce plan est rejet\u00e9 par Bonaparte le <strong>29 ao\u00fbt 1803<\/strong>\u00a0 et exige le rappel de l\u2019ambassadeur Markov.<\/p>\n<p>Du cot\u00e9s des alli\u00e9s potentiels de la France, le <strong>18 octobre 1803<\/strong>, apr\u00e8s bien des tiraillements d\u2019oreilles, Charles IV d\u2019Espagne, et son ministre Godoy, signent un trait\u00e9 qui pr\u00e9voit que l\u2019Espagne contribuera par un versement mensuel \u00e0 l\u2019effort de guerre de la France.<\/p>\n<p>A Paris, on a eu vent des efforts de Londres et de Saint-P\u00e9tersbourg pour entra\u00eener la Prusse dans une nouvelle coalition. Alors on fait jouer le respect et l\u2019amiti\u00e9. Durant son c\u00e9l\u00e8bre voyage en Belgique, Bonaparte rencontre l\u2019envoy\u00e9 du roi de Prusse, Lombard, qui, mande-t-il \u00e0 Paris\u00a0:<\/p>\n<p>para\u00eet n\u2019avoir pour but que de resserrer davantage nos liaisons avec la Prusse.<\/p>\n<p>Une fois de plus, Bonaparte \u00e9voque avec insistance la possibilit\u00e9 d\u2019une alliance franco-prussienne, mais la Prusse continue de faire la sourde oreille et les n\u00e9gociations vont durer toute la fin de l\u2019ann\u00e9e 1803 et les premiers mois de 1804. La Prusse joue d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment, entre Paris et Saint-P\u00e9tersbourg, double jeu.<\/p>\n<p>Le <strong>21 f\u00e9vrier 1804<\/strong>, Fr\u00e9d\u00e9ric-Guillaume s\u2019enqui\u00e8re aupr\u00e8s d\u2019Alexandre des secours que celui-ci pourra lui apporter, et le <strong>23 avril<\/strong>, ce dernier se d\u00e9clare tout simplement \u00ab\u00a0alli\u00e9 du Roi dans la guerre contre la France\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019ex\u00e9cution du duc d\u2019Enghien, le <strong>21 mars 1804<\/strong>, avait, pour un temps,\u00a0 resserr\u00e9 les liens entre les cours europ\u00e9ennes, de Londres \u00e0 Vienne, de Berlin \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg (certains historiens anglais font d\u2019ailleurs de la violation du territoire neutre de Baden le premier acte de la nouvelle guerre, dont ils rendent, par cela m\u00eame, la France responsable).<\/p>\n<p>En <strong>avril 1804<\/strong>, le tsar Alexandre fait ouvertement des propositions d\u2019alliance \u00e0 l\u2019empereur Fran\u00e7ois, pour le moins r\u00e9ticent. Le <strong>25 avril 1804<\/strong>, il lui adresse un \u00ab\u00a0programme\u00a0\u00bb qui n\u2019est ni plus ni moins qu\u2019une proposition d\u2019ouvrir une campagne contre la France. Seule la date n\u2019est pas fix\u00e9e. Et puisqu\u2019il faut de l\u2019argent, les russes en \u00e9crivent, le 24, \u00e0 leur ambassadeur \u00e0 Londres, car \u00ab\u00a0la Cour de Vienne ne se remuera pas sans argent\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En Angleterre, justement, le <strong>10 mai 1804<\/strong>, Pitt, jug\u00e9 le seul apte \u00e0 regrouper les \u00e9tats europ\u00e9ens contre Napol\u00e9on,\u00a0 s\u2019est retrouv\u00e9 aux commandes du gouvernement.<\/p>\n<p>La proclamation de l\u2019Empire, le <strong>18 mai 1804<\/strong>, s\u00e8me de nouveau le trouble entre les alli\u00e9s potentiels.<\/p>\n<p>Le roi de Prusse est le premier \u00e0 reconna\u00eetre le nouvel Empereur, au contraire de\u00a0 l\u2019Angleterre et de la Russie. Cette derni\u00e8re, par la voix de son tsar, consid\u00e8re la proclamation de l\u2019empire comme une intol\u00e9rable offense \u00e0 tous les monarques de droit divin. A Saint-P\u00e9tersbourg, on craint par dessus tout la reconstitution d\u2019un empire d\u2019Occident.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019Autriche, si elle reconna\u00eet le nouvel empereur, c\u2019est du bout des l\u00e8vres, et la cr\u00e9ation, \u00e0 ses portes, d\u2019un royaume d\u2019Italie, ne peut que l\u2019inqui\u00e9ter, plus, curieusement, que la perte de son influence dans l\u2019Empire germanique. Dans un premier temps, ne se sentant pas pr\u00eate, elle indique qu\u2019elle ne rejoindra la coalition que si la Prusse en fait autant\u00a0!<\/p>\n<p>Le <strong>24 mai 1804<\/strong>, les souverains anglais et russe signent un trait\u00e9 secret qui fixe les moyens respectifs qui seront mis en \u0153uvre lorsque la guerre contre la France sera d\u00e9clar\u00e9e. Son article VII est lourd de signification\u00a0:<\/p>\n<p>D\u00e8s lors nous nous obligeons \u00e0 ne poser les armes et \u00e0 n\u2019entrer en accommodement avec l\u2019ennemi que du consentement de Sa Majest\u00e9 Imp\u00e9riale et apr\u00e8s un accord pr\u00e9alable avec Elle, plein de confiance dans notre auguste Alli\u00e9, qui a pris le m\u00eame engagement envers nous.<\/p>\n<p>Le <strong>29 juin 1804, <\/strong>Pitt propose \u00e0 Alexandre une entente qui permettrait de faire rentrer la France dans ses fronti\u00e8res d\u2019avant 1792.<\/p>\n<p>A Londres, on est pr\u00eat \u00e0 consentir \u00e0 payer, \u00e0 condition toutefois que les deux puissances allemandes, soit l\u2019Autriche, soit la Prusse, fassent partie de l\u2019alliance. Mais d\u00e8s le <strong>20 juillet 1804<\/strong>, le Parlement anglais aura a discuter d\u2019une demande de deux millions cinq cent mille livres sterling, pour usages continentaux.<\/p>\n<p>Le <strong>31 juillet 1804<\/strong>, dans une d\u00e9claration publique, le roi d\u2019Angleterre, annon\u00e7ait\u00a0:<\/p>\n<p>Je nourris l\u2019espoir que les avantages qui r\u00e9sulteront de nos efforts et de nos succ\u00e8s ne se borneront pas \u00e0 nous, mais que leur exemple et leurs cons\u00e9quences concourront \u00e0 r\u00e9tablir en Europe un syst\u00e8me qui puisse la faire sortir de l\u2019\u00e9tat o\u00f9 elle se trouve, et finira par \u00e9lever une puissante barri\u00e8re contre les projets d\u2019agrandissement et d\u2019ambitions sans bornes, qui menacent toutes les nations du continent dont l\u2019ind\u00e9pendance n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e<\/p>\n<p>Tout le monde comprend alors, et Napol\u00e9on le premier, que l\u2019Europe est bien en train de s\u2019armer contre lui.<\/p>\n<p>Il va s\u2019efforcer de continuer de flatter le roi de Prusse\u00a0: on prend le deuil \u00e0 l\u2019annonce de la mort de la reine douairi\u00e8re, on d\u00e9core Fr\u00e9d\u00e9rique-Guillaume de la L\u00e9gion d\u2019honneur ainsi que d\u2019autres personnages prussiens (dont Brunswick\u00a0!).<\/p>\n<p>Le <strong>30 ao\u00fbt 1804<\/strong>, il assure le roi de Prusse de son intention<\/p>\n<p>de contribuer, en tout ce qui m\u2019appartient, \u00e0 l\u2019\u00e9clat de sa couronne, ainsi que le d\u00e9sir constant que j\u2019ai de lui \u00eatre agr\u00e9able.<\/p>\n<p>Et en <strong>septembre et octobre 1804<\/strong>, il fait une longue visite sur la rive gauche du Rhin, recevant avec ostentation les prince allemands venus salu\u00e9s le nouvel empereur, ce qui, on s\u2019en doute, n\u2019a pas l\u2019heur de plaire \u00e0 la cour de Vienne, d\u00e9j\u00e0 passablement irrit\u00e9 de l\u2019influence fran\u00e7aise grandissante en Italie.\u00a0!<\/p>\n<ol>\n<li><strong> Vers la guerre (septembre 1804 \u2013 septembre 1805)<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li>En <strong>septembre 1804<\/strong>, le tsar rompt pratiquement ses relations diplomatiques avec Paris.<\/li>\n<li>Le <strong>6 novembre 1804, <\/strong>l\u2019Autriche signe, avec la Russie une convention secr\u00e8te par laquelle elle promet 235.000 autrichiens \u00e0 la coalition, en \u00e9change d\u2019accroissements importants en Italie, sans toutefois se trop h\u00e2ter de mettre cette promesse en pratique.<\/li>\n<li>Le <strong>3 d\u00e9cembre 1804<\/strong> le Cabinet de Londres conclut un contrat avec son homologue su\u00e9dois\u00a0: contre un subside de 60.000 livres, par lequel la Su\u00e8de s\u2019engage \u00e0 mettre \u00e0 disposition l\u2019\u00eele de R\u00fcgen et la ville de Stralsund.<\/li>\n<li>Le <strong>4 d\u00e9cembre 1804, <\/strong>l\u2019Espagne d\u00e9clare la guerre \u00e0 l\u2019Angleterre, en r\u00e9ponse aux agressions dont ses navires font l\u2019objet<\/li>\n<li><strong>Le 2 janvier 1805<\/strong>, Napol\u00e9on \u00e9crit \u00e0 Georges III, pour, selon ses propres mots \u00ab\u00a0offrir la paix au monde\u00a0\u00bb<\/li>\n<li>Le monde est assez grand pour que deux nations puissent y vivre, et la raison a assez de puissance pour qu\u2019on trouve les moyens de tout concilier si, de part et d\u2019autre, on a la volont\u00e9.<\/li>\n<li>C\u2019est en fait une r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019offre faite en 1800. Entre les lignes, cependant, on peut ais\u00e9ment comprendre que c\u2019est une offre de partage du monde, \u00e0 l\u2019Angleterre les mers, \u00e0 la France l\u2019Europe. Au Parlement britannique, Pitt et Fox s\u2019affrontent. Finalement le gouvernement anglais envoie une r\u00e9ponse qui est une fin de non recevoir.<\/li>\n<li>Il est impossible \u00e0 Sa Majest\u00e9 le roi de la Grande-Bretagne de r\u00e9pondre plus particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019ouverture qui lui a \u00e9t\u00e9 faite, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle ait eu le temps de communiquer avec les puissances du Continent avec lesquelles elle se trouve engag\u00e9e par des liaisons et des rapports confidentiels, et particuli\u00e8rement avec l\u2019empereur de Russie qui a donn\u00e9 les preuves les plus fortes de la sagesse et de l\u2019\u00e9l\u00e9vation des sentiments dont il est anim\u00e9 et du vif int\u00e9r\u00eat qu\u2019il prend \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 et \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance d l\u2019Europe.<\/li>\n<li>On ne peut pas \u00eatre plus clair, d\u2019autant que, quelques jours plus tard, ces m\u00eames paroles seront r\u00e9p\u00e9t\u00e9es au parlement de Londres.<\/li>\n<li>Le <strong>4 janvier 1805<\/strong>, une convention franco-espagnole met la marine de Charles IV \u00e0 la disposition de la France.<\/li>\n<li>En <strong>janvier 1805, <\/strong>l\u2019Autriche, de plus en plus agac\u00e9e, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire, par les men\u00e9es de Napol\u00e9on en Italie, o\u00f9 pourtant elle ne poss\u00e8de plus que la V\u00e9n\u00e9tie (\u00e0 Vienne, le parti de la guerre prend de plus en plus d\u2019importance), d\u00e9ploie des troupes sur sa fronti\u00e8re occidentale, soi-disant comme cordon sanitaire face \u00e0 une \u00e9pid\u00e9mie de fi\u00e8vre jaune, ce qui ne trompe personne.<\/li>\n<li>La Su\u00e8de, d\u00e8s le <strong>1<sup>er<\/sup> mars 1805<\/strong>, indique son int\u00e9r\u00eat pour participer \u00e0 la guerre. Contre des subsides sonnants et tr\u00e9buchants, 12.000 soldats su\u00e9dois, r\u00e9tribu\u00e9s au \u00ab\u00a0standard rate\u00a0\u00bb de 12 livres par t\u00eate, entreront, en <strong>octobre 1805<\/strong>, dans la coalition.<\/li>\n<li>Le <strong>11 avril 1805<\/strong>, anglais et russes signent une convention <strong>(Convention de Petersbourg)<\/strong> par laquelle les seconds s\u2019engagent \u00e0 mettre en ligne 115.000 hommes. Les buts de la guerre \u2013 qui visent en fait \u00e0 r\u00e9tablir un \u00ab\u00a0\u00e9quilibre europ\u00e9en\u00a0\u00bb &#8211; sont clairement fix\u00e9s\u00a0:<\/li>\n<li>\u00e9vacuation par la France du Hanovre et du nord de l\u2019Allemagne,<\/li>\n<li>ind\u00e9pendance de la Hollande et de la Suisse<\/li>\n<\/ul>\n<p>\u00e9vacuation de l\u2019Italie, avec reconstitution du royaume de Pi\u00e9mont et renforcement de celui de Naples\u00a0;<\/p>\n<p>L\u2019une des clauses secr\u00e8tes du trait\u00e9 est que \u00ab\u00a0l\u2019Angleterre et la Russie ne feront point la paix avec la France que du consentement commun de toutes les Puissances qui seront parties dans la Ligue\u00a0\u00bb. Une r\u00e8gle de l\u2019unanimit\u00e9 qui vouait l\u2019Europe \u00e0 la guerre tant que la France n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 vaincue (ce qui sera effectivement le cas).<\/p>\n<p>Londres promet 1.5 millions de livres sterling. En plus des troupes mises en jeu par Saint-P\u00e9tersbourg, on compte bien que Vienne en alignera 250.000. Et, quoi qu\u2019il arrive, Le tsar recevra, tous frais pay\u00e9s, l\u2019\u00e9quivalent de trois mois de d\u00e9penses \u00e0 titre d\u2019indemnit\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>On fait savoir \u00e0 qui veut l\u2019entendre que celles des puissances qui le voudront seront les bienvenues dans cette combinaison.<\/p>\n<p>Le <strong>22 avril 1805<\/strong>, Vienne nomme un nouveau commandant en chef de l\u2019arm\u00e9e \u00ab\u00a0de Bavi\u00e8re\u00a0\u00bb\u00a0: il s\u2019agit, contre l\u2019avis de l\u2019archiduc Charles, de Mack, un pur produit du parti de la guerre, et anti-fran\u00e7ais comme peu d\u2019autres. En m\u00eame temps, l\u2019Autriche masse de nouveau des troupes, cette fois sur sa fronti\u00e8re sud, sans que cette fois la fi\u00e8vre jaune puisse servir d\u2019alibi.<\/p>\n<p>Fin <strong>avril 1805<\/strong> se place l\u2019\u00e9pisode quelque peu rocambolesque de la mission Nowossiltzoff, repr\u00e9sentant du tsar et charg\u00e9 de transmettre \u2013 par l\u2019interm\u00e9diaire de Berlin \u2013 une offre\u00a0 de paix que les int\u00e9ress\u00e9s n\u2019ont d\u2019ailleurs aucune envie de voir accepter. Des passeports sont demand\u00e9s \u00e0 Paris par Berlin.<\/p>\n<p>Le <strong>9 mai 1805<\/strong>, Napol\u00e9on accepte une \u00e9ventuelle m\u00e9diation de la Prusse (\u00e0 qui on a m\u00eame offert de rendre le Hanovre) dans une longue lettre dont chaque mot a \u00e9t\u00e9 soigneusement pes\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p>La Russie ne peut pas \u00eatre partie, puisqu\u2019elle n\u2019est pas en guerre (\u2026) Elle ne peut pas \u00eatre m\u00e9diatrice, puisque ses relations sont interrompues avec la France (\u2026) On veut, \u00e0 Londres, gagner du temps (\u2026) Monsieur Mon Fr\u00e8re, je veux la paix\u00a0; mais je ne puis souscrire \u00e0 ce que mon peuple soit d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9 du commerce du monde<\/p>\n<p>Le couronnement de Napol\u00e9on, <strong>le 26 mai 1805<\/strong>, \u00e0 Milan, comme roi d\u2019Italie, marque la rupture effective de la paix de Lun\u00e9ville, entre l\u2019Autriche et la France<\/p>\n<p>Le <strong>26 mai 1805<\/strong>, Napol\u00e9on fait conna\u00eetre que les passeports demand\u00e9s pour l\u2019envoy\u00e9 du tsar seront accord\u00e9s. Va-t-on cette fois-ci vers la paix\u00a0?<\/p>\n<p>Non, car, le <strong>4 juin 1805<\/strong>, la France proc\u00e8de \u00e0 l\u2019annexion de G\u00eanes. La Coalition est sauv\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019affaire de G\u00eanes amena en neuf semaines la formation d\u2019une coalition qu\u2019en vingt-six mois la diplomatie britannique n\u2019avait pu former. (J.H. Rose in Cambridge History of British Foreign Policy)<\/p>\n<p>Le <strong>5 juin 1805<\/strong>, l\u2019ambassadeur russe \u00e0 Londres est inform\u00e9 que l\u2019Angleterre, d\u00e9cidemment, n\u2019entend plus rendre Malte et ce que, le <strong>25 juin,<\/strong> l\u2019ambassadeur anglais \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg signifie au gouvernement russe. Point embarrass\u00e9 le moins du monde, les diplomates russes font savoir que le nouvel empi\u00e8tement de Napol\u00e9on en Italie rend d\u00e9cidemment toute n\u00e9gociation impossible.<\/p>\n<p>Le <strong>16 juillet<\/strong> et <strong>le 9 ao\u00fbt<\/strong> deux nouveaux agr\u00e9ments sont sign\u00e9s par Vienne, liant encore plus fermement l\u2019Autriche \u00e0 la nouvelle coalition. D\u2019ailleurs, pour l\u2019instant, Vienne se croit \u00e0 l\u2019abri, comme l\u2019\u00e9crit Cobenzl\u00a0:<\/p>\n<p>Bonaparte ne peut arriver jusqu\u2019\u00e0 nous avant que nos alli\u00e9s nous aient rejoints.<\/p>\n<p>Le <strong>15 juillet 1805<\/strong>, la Prusse refuse le passage des troupes r\u00e9unies en Pom\u00e9ranie, rendant ainsi un grand service \u00e0 Napol\u00e9on.<\/p>\n<p>Le <strong>9 ao\u00fbt 1805<\/strong>, l\u2019Autriche entre effectivement dans la Coalition<\/p>\n<p>Le <strong>13 ao\u00fbt 1805<\/strong>, Napol\u00e9on, de Boulogne, o\u00f9 il esp\u00e8re toujours r\u00e9ussir son ambitieux projet de d\u00e9barquement en Angleterre, \u00e9crit \u00e0 Cambac\u00e9r\u00e8s\u00a0:<\/p>\n<p>Le fait est que l\u2019Autriche arme\u00a0; je veux qu\u2019elle d\u00e9sarme\u00a0; si elle ne le fait pas, j\u2019irai avec 200.000 hommes lui faire une visite dont elle se souviendra longtemps\u00a0!<\/p>\n<p>A la mi-ao\u00fbt, on d\u00e9cide \u00e0 Berlin, que l\u2019on continuera pour le moment d\u2019\u00eatre neutre. Certes, la Russie a besoin de l\u2019accord de Berlin pour faire passer ses troupes, si elles doivent arriver rapidement sur le th\u00e9\u00e2tre d\u2019op\u00e9rations envisag\u00e9. Mais le roi de Prusse tient \u00e0 sa neutralit\u00e9. Est-ce l\u00e0 une victoire pour Napol\u00e9on\u00a0? Pas vraiment, m\u00eame si, dans un premier temps, il gagne des semaines pr\u00e9cieuses avant un conflit qui se pr\u00e9cise.<\/p>\n<p>Le <strong>19 ao\u00fbt 1805<\/strong>, le tsar \u00e9crit au roi de Prusse pour lui demander son assistance. Demande en forme d\u2019ultimatum\u00a0: si le roi ne s\u2019est pas d\u00e9cid\u00e9 le 23 septembre, les russes franchiront la fronti\u00e8re le 28.<\/p>\n<p>Le <strong>21 ao\u00fbt 1805<\/strong>, la Suisse fait part de sa d\u00e9cision de neutralit\u00e9.<\/p>\n<p>Le <strong>24 ao\u00fbt 1805<\/strong>, apr\u00e8s des mois de tergiversations, l\u2019\u00e9lecteur de Bavi\u00e8re, Maximilien-Joseph. signe enfin le trait\u00e9 qui met 20.000 hommes \u00e0 la disposition de Napol\u00e9on \u2013 contre promesse d\u2019agrandissements \u00ab\u00a0convenables\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019issue de la prochaine guerre, qui ne peut \u00eatre que victorieuse.<\/p>\n<p>Le <strong>4 septembre 1805<\/strong>, l\u2019\u00c9tat de Bade signe un trait\u00e9 d\u2019alliance avec la France\u00a0: 3.000 hommes sont mis \u00e0 disposition, l\u00e0 aussi contre promesse d\u2019agrandissements.<\/p>\n<p>Le <strong>8 septembre 1805<\/strong>, l\u2019Autriche entre, par Sch\u00e4rding et Braunau, en Bavi\u00e8re.<\/p>\n<p>La campagne de 1805 vient de commencer. Selon les mots de Georges Lefebvre, il ne reste plus \u00e0 Napol\u00e9on \u00ab\u00a0d\u2019autre issue que la conqu\u00eate du monde\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0, \u00ab\u00a0on entend le bruit des lourds canons roulant vers Austerlitz\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<ol>\n<li><strong> Conclusions<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>En guise de conclusion, je me permettrai de reprendre quelques lignes de deux grands historiens fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Georges Lefebvre, d\u2019abord, qui, en 1953, \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On a repr\u00e9sent\u00e9 la troisi\u00e8me coalition comme une tentative d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de reprendre \u00e0 la France ses fronti\u00e8res naturelles. Que les Alli\u00e9s dussent lui enlever tout ou partie de ses conqu\u00eates s\u2019ils parvenaient \u00e0 la vaincre, cela va de soi. Mais ce qu\u2019il faudrait d\u00e9montrer, c\u2019est que l\u2019Angleterre, en 1803, la Russie et l\u2019Autriche en 1805, n\u2019ont repris les armes qu\u2019\u00e0 cette fin, et c\u2019est ce qu\u2019on n\u2019a point fait, m\u00eame en ce qui concerne la premi\u00e8re. D\u2019abord, si l\u2019esprit d\u2019agression, s\u2019il est \u00e9vident, \u00e9tait entretenu par des passions et des int\u00e9r\u00eats dont on ne tient nul compte\u00a0: les pr\u00e9occupations \u00e9conomiques et l\u2019imp\u00e9rialisme maritime des anglais, la m\u00e9galomanie et la jalousie personnelle d\u2019Alexandre, l\u2019hostilit\u00e9 \u2013 dont les racines \u00e9taient d\u2019ordre social \u2013 de l\u2019aristocratie europ\u00e9enne, si influente \u00e0 Vienne. Puis, il est plus apparent encore que Napol\u00e9on a surexcit\u00e9, comme par gageure, cette animosit\u00e9 sournoise, alarm\u00e9 toutes les puissances et pouss\u00e9 \u00e0 bout jusqu\u2019\u00e0 la molle Autriche (..) Il n\u2019\u00e9tait pas indispensable \u00e0 son autorit\u00e9 qu\u2019il fit enlever le duc d\u2019Enghien et institu\u00e2t l\u2019Empire, qu\u2019il irrit\u00e2t pr\u00e9matur\u00e9ment l Angleterre, inqui\u00e9t\u00e2t les ambitions orientales de la Russie et surtout \u00e9rige\u00e2t la r\u00e9publique italienne en royaume h\u00e9r\u00e9ditaire ou annex\u00e2t G\u00eanes. Bien qu\u2019il ne partage\u00e2t point leur ardeur r\u00e9volutionnaire, il lan\u00e7a aux rois et \u00e0 l\u2019aristocratie les m\u00eames d\u00e9fis qu\u2019on a reproch\u00e9 aux Girondins et poursuivi la politique turbulente d\u2019envahissement qui a avlu au Directoire tant de critiques m\u00e9prisantes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>Le Professeur Jean Tulard\u00a0, en 1987, lui fait \u00e9cho\u00a0:<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Le trait\u00e9 d\u2019Amiens avait mis fin au conflit qui opposait depuis 1792 la France r\u00e9volutionnaire \u00e0 l\u2019Europe des Rois. Les vieilles monarchies s\u2019inclinaient\u00a0; elles reconnaissaient, du moins en France, la l\u00e9gitimit\u00e9s des nouvelles id\u00e9es de libert\u00e9 et d\u2019\u00e9galit\u00e9, qu\u2019elles n\u2019avaient pas pu \u00e9touffer par l\u2019intervention arm\u00e9e (\u2026) La formation d\u2019une nouvelle coalition en 1805, suite pr\u00e9visible de la rupture des relations diplomatiques deux ans auparavant, avec l\u2019Angleterre, s\u2019inscrivait-elle dans la continuit\u00e9 des guerres r\u00e9volutionnaires, ou s\u2019agissait-il au contraire de guerres nouvelles dont Napol\u00e9on aurait port\u00e9 la responsabilit\u00e9\u00a0? Les contemporains n\u2019ont pas h\u00e9sit\u00e9\u00a0: l\u2019Angleterre reprenait un combat qu\u2019elle n\u2019avait interrompu que pour retrouver son souffle. L\u2019opinion fran\u00e7aise a fait porter sans h\u00e9sitation la responsabilit\u00e9 de la rupture sur l\u2019Angleterre.<\/em><\/p>\n<p><em>A leur tour, malgr\u00e9 des r\u00e9ticences, les historiens ont accept\u00e9 les expressions de \u00ab\u00a0troisi\u00e8me coalition\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0quatri\u00e8me coalition\u00a0\u00bb, admettant ainsi une continuit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>La campagne de 1805, et celle qui suivra, seront bien encore celles de la \u00ab\u00a0Grande Nation\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><strong>SOURCES<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Bignon. Histoire de la France depuis le 18 Brumaire jusqu\u2019\u00e0 la paix de Tilsitt. Paris, 1829. (disponible sur Gallica)<\/li>\n<li>Arhur-Levy \u2013 Napol\u00e9on et la paix. Paris, 1912. (fait appel \u00e0 de nombreuses archives des cours de Prusse et de Russie)<\/li>\n<li>Tulard. Dictionnaire Napol\u00e9on. Paris, 1999.<\/li>\n<li>Lentz. Nouvelle Histoire du Premier Empire. Paris, 2002<\/li>\n<li>Madelin. Histoire du Consulat et du premier Empire. Paris, 1945<\/li>\n<li>Correspondance de Napol\u00e9on.(indispensable)<\/li>\n<li>Tulard. Napol\u00e9on. Paris, 1987.<\/li>\n<li>A. Furse. Ulm, Trafalgar, Austerlitz. 1905<\/li>\n<li>Thiry. Ulm, Trafalgar, Austerlitz. Paris, 1962.<\/li>\n<li>Lefebvre. Napol\u00e9on. Paris, 1953. (qui n\u2019est pas tendre avec Alexandre)<\/li>\n<li>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire. Paris, 1845<\/li>\n<li>Napol\u00e9on et l\u2019Italie. Paris, 1947.<\/li>\n<li>Kerautret. La rupture de la paix d\u2019Amiens. Revue Napol\u00e9on, n\u00b0 14, mai 2003<\/li>\n<li>Sch\u00f6nhals. Der Krieg 1805 in Deutschland. Vienne, 1873. (on s\u2019en doute, pro autrichien)<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>T. Holmberg. The Treaty of Amiens and the British Occupation of Malta. 1801-1803. Communication personnelle.<\/li>\n<\/ul>\n<ol start=\"1869\">\n<li>Laurent. L\u2019Empire. Paris, 1869.<\/li>\n<\/ol>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> <em>(Le 10 septembre 1805, le royaume de Naples entrera dans la Coalition. Le trait\u00e9 pr\u00e9voyait que les Russes enverraient un corps de d\u00e9barquement &#8211; environ 25.000 hommes &#8211; o\u00f9 et quand ils le jugeraient utile\u00a0; Naples fournirait la solde et les chevaux et mettrait son arm\u00e9e sous le commandement russe. A la surprise de ses alli\u00e9s temporaires, faisant volte-face, Naples signera, le 21 septembre 1805, un trait\u00e9 de neutralit\u00e9 absolue, le royaume de Naples \u00e9tant ferm\u00e9 \u00e0 toute troupe \u00e9trang\u00e8re\u00a0; en retour, les troupes fran\u00e7aises devront l\u2019\u00e9vacuer dans un d\u00e9lai d\u2019un mois).<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec aimable autorisation de l&#8217;auteur nous publions le texte de sa conf\u00e9rence tenue en 2003 dans le cadre du colloque d&#8217;Austerlitz. Qui porte la responsabilit\u00e9 de la reprise de la guerre avec l\u2019Angleterre, au mois de mai 1803 et \u00e0 la formation d\u2019une nouvelle Coalition ?<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-680","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/680","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=680"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/680\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":682,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/680\/revisions\/682"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=680"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=680"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=680"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}