{"id":684,"date":"2017-11-14T09:54:46","date_gmt":"2017-11-14T08:54:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/?p=684"},"modified":"2017-11-14T10:04:32","modified_gmt":"2017-11-14T09:04:32","slug":"oleg-sokolov-lempereur-alexandre-i-et-la-formation-de-la-3e-coalition","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/oleg-sokolov-lempereur-alexandre-i-et-la-formation-de-la-3e-coalition\/","title":{"rendered":"Oleg Sokolov: L&#8217;empereur Alexandre I et la formation de la 3e coalition"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\"><em>Le r\u00f4le de l&#8217;Empereur Alexadnre I lors de la formation de la 3e coalition a \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 dans le cadre de la conf\u00e9rence d&#8217;Austerlitz 2003 par le professeur Oleg Sokolov. Nous mettons en ligne le texte de la conf\u00e9rence avec aimable autorisation de l&#8217;auteur qui a d\u00e9velopp\u00e9 son point de vue depuis, non seulement dans son ouvrage Austerlitz, Napol\u00e9on, l&#8217;Europe et la Russie, mais \u00e9galement lors de ses conf\u00e9rences \u00e0 Austerlitz 2015 ou \u00e0 Porcia en printemps cette ann\u00e9e.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Malgr\u00e9 l&#8217;abondance des ouvrages consacr\u00e9s \u00e0 la guerre de l&#8217;empire napol\u00e9onien contre la Troisi\u00e8me coalition, les raisons qui ont provoqu\u00e9 ce conflit restent toujours, comme il nous semble, insuffisamment \u00e9tudi\u00e9es. Les historiens fran\u00e7ais recourent d\u2019habitude \u00e0 la simplification, qui r\u00e9sume le mieux une phrase d\u2019un sp\u00e9cialiste c\u00e9l\u00e8bre de l&#8217;\u00e9poque napol\u00e9oni\u00e8nne Jean Tulard : &#8220;<strong>L&#8217;or anglais n&#8217;\u00e9tait pas rest\u00e9 inactive sur le continent. Il parvint \u00e0 nouer une coalition, la troisi\u00e8me contre la France. La Russie se lassa convaincre sans difficulte \u2026 L&#8217;Angleterre promettait 1 250 000 livres par an pour chaque centaine de milliers d&#8217;hommes engag\u00e9s dans le conflit par la Russie<\/strong>&#8220;. Un autre historien fran\u00e7ais c\u00e9l\u00e8bre Lachouque disait : &#8220;<strong>L&#8217;esprit du Code civil, l&#8217;ambition du nouvel Empereur inqui\u00e8tent les souverains de la vieille Europe<\/strong>&#8220;. Autrement dit, la guerre commen\u00e7a parce que l\u2019Angleterre a r\u00e9ussi avec l&#8217;aide de son or \u00e0 unir autour d&#8217;elle l\u2019Europe qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 inqui\u00e9t\u00e9e par l&#8217;esprit r\u00e9volutionnaire qui \u00e9manait de la France napol\u00e9oni\u00e8nne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Quant aux historiens russes, ils d\u00e9crivent d\u2019habitude les raisons de ce conflit d\u2019une fa\u00e7on encore plus concis. Pour ceux-ci la guerre de la Russie en 1805 n\u2019est rien d\u2019autre que la guerre pr\u00e9ventive n\u00e9cessaire pour pr\u00e9venir in\u00e9vitable, \u00e0 leur opinion, l&#8217;agression de Napol\u00e9on contre Russie. L&#8217;historien sovi\u00e8tique \u00e9minent Pavel Jiline \u00e9crivait : &#8220;<strong>Le renforcement de la politique napol\u00e9onienne agressive aux Balkans, l&#8217;activit\u00e9 des diplomates fran\u00e7ais en Turquie, cr\u00e9\u00e8rent le danger r\u00e9el de la p\u00e9n\u00e9tration des troupes fran\u00e7aises vers la Mer Noire et Dniestr, la mainmise sur les d\u00e9troits, la cr\u00e9ation du place d\u2019armes pour la guerre avec Russie (!)<\/strong>&#8220;. Pour l&#8217;historien sovi\u00e8tique tout est clair: si en 1812 Napol\u00e9on\u00a0 attaqua les Russes sur leur territoire, cela signifie, que dans sa t\u00eate de le d\u00e9but il n\u2019y avaient que les plans de la conqu\u00eate de la Russie et de l\u2019asservissement du peuple russe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&#8217;absurdit\u00e9 de ce dernier point de vue est \u00e9vidente. Il suffit de dire, que \u00e0 partir de l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir Napol\u00e9on pendant longtemps non seulement ne pensait pas \u00e0 attaquer la Russie, mais m\u00eame ne concevait pas sa ligne politique europ\u00e9enne autrement qu\u2019en alliance franco-russe capable d\u2019arr\u00eater les guerres incessantes sur le continent et obliger l\u2019Angleterre \u00e0 se mettre \u00e0 la table des n\u00e9gociations. Le 2 janvier 1801 lors du s\u00e9ance au Conseil d&#8217;Etat le Premier Consul\u00a0 proclama : &#8220;<strong>La France ne peut avoir que la Russie comme alli\u00e9e. Cette puissance est la cl\u00e9 de l&#8217;Asie<\/strong> \u2026&#8221; M\u00eame au cours de la guerre avec la Troisi\u00e8me coalition, apr\u00e8s la bataille d\u2019Austerlitz, Napol\u00e9on d\u00e9clare : &#8220;<strong>La Russie, je l&#8217;aurai, non pas aujourd&#8217;hui, mais dans un an, dans deux, d&#8217;ici trois ans. Le temps passe l&#8217;\u00e9ponge sur tous les souvenirs et ce serait peut-\u00eatre de toutes les alliances celle qui me conviendrait le plus<\/strong>&#8220;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pourtant, devant les \u00e9tudes approfondies, le point de vue classique fran\u00e7ais ne tient non plus la critique. Car ce point de vue ne prend pas du tout en consid\u00e9ration ce r\u00f4le fatal, que joua dans le d\u00e9clenchement de la guerre l&#8217;empereur Alexandre I. C\u2019est \u00e0 ce sujet que je voudrais consacrer mon expos\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il faut noter qu&#8217;\u00e0 partir de l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir en mars 1801 et jusqu\u2019\u00e0 1802 le jeune tsar russe ne s\u2019occupait gu\u00e8re de la politique ext\u00e9rieure. Il se plonga dans les r\u00eaves des r\u00e9formes qui devaient transformer le b\u00e2timent informe de son empire. Cependant \u00e0 la premi\u00e8re collision avec les r\u00e9alit\u00e9s politiques Alexandre, qui ne supportait le travail long et suivi , a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sappoint\u00e9 dans ses r\u00eaves. Il comprit que l&#8217;obstacle principal au d\u00e9veloppement de la Russie, le servage, ne peut pas \u00e9tre \u00e9limin\u00e9 sans rencontrer la r\u00e9sistance acharn\u00e9e, impitoyable des puissants seigneurs, et que son pouvoir semblant absolu en effet est tr\u00e8s faible en comparaison de leur influence. Mais puisque toutes les autres probl\u00e8mes d\u00e9coulaient de cette source principale, faire quoi que ce soit de s\u00e9rieux, sans risquer sa t\u00eate, se trouva impossible. Tout ce qu\u2019Alexandre a r\u00e9ussit \u00e0 faire c\u2019est une s\u00e9rie de r\u00e9formes insignifiantes qui changeaient presque rien \u00e0 la vie int\u00e9rieure de la Russie. Et alors le jeune tsar transposa completement son attention de la politique int\u00e9rieure sur la politique ext\u00e9rieure. \u0410 partir de 1802 il dirige tout l&#8217;activit\u00e9 des affaires etrang\u00e8res de l&#8217;empire russe. Il faut dire, qu\u2019\u00e0 ce temps-l\u00e0 la Russie se trouvait dans la position extraordinairement avantageuse. En 1801 on a sign\u00e9 deux trait\u00e9 d\u2019une importance primordiale: le 17 juin 1801 \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg, la convention maritime avec l\u2019Angleterre, et le 10 octobre \u00e0 Paris, le trait\u00e9 de paix avec la France. En m\u00eame temps l\u2019alliance avec la Turquie \u00e9tait scell\u00e9 par le trait\u00e9 sign\u00e9 encore sous le r\u00e8gne de Paul Ier. Ainsi, en gardant les bonnes relations avec les puissances ayant l\u2019importance du premier ordre pour la Russie, elle pouvait non seulement \u00eatre tranquille pour ses fronti\u00e8res, mais encore s&#8217;assurait la libert\u00e9 compl\u00e8te des actions pour le renforcement de ses positions dans la politique internationale et le renforcement \u00e0 l\u2019interieur. Le r\u00eave de Pierre le Grand a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 : l\u2019entente maritime avec l&#8217;Angleterre, l&#8217;entente continentale avec la France et l&#8217;alliance \u00e9troite avec l&#8217;empire Ottoman. Le Barrage de l&#8217;Est retourn\u00e9 ainsi face \u00e0 l&#8217;Ouest. Les deux empires orientaux pouvaient d\u00e9sormais observaient tranquilement les peripeties de la haute lutte de la France contre l&#8217;Angleterrre, d&#8217;un \u00e9l\u00e9phant avec une baleine. Il faut remarquer, que la situation pareille r\u00e9pondait parfaitement aux v\u0153ux de l&#8217;oligarchie russe gouvernante. Les historiens fran\u00e7ais remarquaient souvent l&#8217;hostilit\u00e9 de l&#8217;aristocratie russe vis-\u00e0-vis de la France r\u00e9volutionnaire. Et c&#8217;est assez juste. Plusieurs aristocrates gard\u00e8rent cette hostilit\u00e9 apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de Napol\u00e9on Bonaparte. Il suffit de noter la position irr\u00e9conciliable des anglophiles et, en particulier, du c\u00e9l\u00e8bre clan Vorontsov, auquel appartenaient l&#8217;ambassadeur \u00e0 Londres comte Semion Vorontsov et son fr\u00e8re Alexandre Vorontsov (septembre 1802 jusqu&#8217;au d\u00e9cembre 1805 le chancelier d&#8217;Etat de la Russie), ainsi que l&#8217;ambassadeur \u00e0 Vienne\u00a0 comte Andr\u00e9 Razoumovsky. Cependant ce serait une simplification inadmissible de g\u00e9n\u00e9raliser leur position pour toute l\u2019aristocratie russe influente. Dans son milieu se distinguait le parti soi-disant russe, qui se pronon\u00e7ait pour la politique ext\u00e9rieure ind\u00e9pendante dont la conduite devait \u00eatre dict\u00e9e non par l\u2019anglophilie, mais par les int\u00e9r\u00eats de la Russie. A ces cercles influents appartenait entre autres le membre du conseil d&#8217;Etat et le vice-chancelier comte Nicolas Roumiantsev, aussi bien que le c\u00e9l\u00e8bre g\u00e9n\u00e9ral Koutouzov. Ce dernier d\u00e9clarait ouvertement que la Russie devait : &#8220;<strong>conserver Napol\u00e9on pour l&#8217;Europe<\/strong>&#8220;. C\u2019est dans cette direction que \u00e9tait orient\u00e9 la politique ext\u00e9rieure de la Russie avant qu\u2019Alexandre I prenne celle-ci en ses mains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le plus souvent on dit que l\u2019Angleterre fit tout pour entrainer la Russie dans la coalition antifran\u00e7aise. En r\u00e9alit\u00e9 c\u2019est la Russie, et plus exactement l&#8217;empereur Alexandre I, qui s\u2019adressa le premier aux Anglais. A la fin de 1803, le tsar proposa au gouvernement britanique d\u2019agir de concert dans le cas o\u00f9 Bonaparte attaquerait l\u2019Egypte. Il proposait aussi sans plus attendre faire des pr\u00e9paratifs communs \u00e0 Corfou. Les Anglais montr\u00e8rent peu d\u2019enthousiame, mal confiant dans les Moscovites malins, craignant leurs appetits en M\u00e9diterrann\u00e9e et leur habituel retournement. Mais cet \u00e9chec ne decouraga pas Alexandre. Il se comporta de telle sorte dans la question sur le statut de l&#8217;\u00eele la Malte, que le gouvernement anglais manifesta finalement une obstination absolue et toute la mauvaise volont\u00e9 dans ses pourparl\u00e9s avec les Fran\u00e7ais. Le cabinet anglais refusa cat\u00e9goriquement de remettre cette \u00eele \u00e0 qui que ce soit. Comme on le sait, cette question devint le pr\u00e9texte principal au conflit franco-anglais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Presque toutes les sources russes notent unanimement qu\u2019Alexandre I \u00e9prouvait par rapport au Premier Consul une aversion et une jalousie presque patologique. Les succ\u00e8s extraordinaires et la popularit\u00e9 gigantesque de Bonaparte m\u00eame parmi la noblesse russe l\u2019irritait au dernier point. Cette jalousie se transforma en haine implacable apr\u00e8s l\u2019ex\u00e9cution du duc d\u2019Enghien. Le texte initial de la protestation, avec laquelle Alexandre voulait s&#8217;adresser \u00e0 la France \u00e9tait si brutal, que m\u00eame les politiciens bien \u00e9loign\u00e9s des sentiments profran\u00e7ais l\u2019imploraient au moins de changer la forme du message, o\u00f9 figurait la phrase suivante : &#8220;<strong>Sa Majeste repugne \u00e0 conserver plus longtemps des rapports avec un gouvernement qui ne connait ni frein ni devoir d&#8217;aucun genre, et qui, entach\u00e9 d&#8217;un assassinat atroce, ne peut plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 que comme un repaire de brigand<\/strong>&#8220;. La forme de ce message fut chang\u00e9e, mais l\u2019essentiel resta\u00a0 &#8211; la Russie non seulement r\u00e9primanda rudement le Premier consul, mais encore s\u2019adressa \u00e0 toutes les puissances de la Europe avec les missives remplis de la haine non dissimul\u00e9e envers Bonaparte. Il est bien curieux de citer quelques passages de la lettre adress\u00e9e au sultan turc: &#8220;<strong>L&#8217;\u00e9v\u00e9nement incroyable qui vient d&#8217;arriver sur le territoire de l&#8217;Empire d&#8217;Allemagne dans les Etats de l&#8217;\u00e9l\u00e9cteur de Bade, o\u00f9 le duc d&#8217;Enghien a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9 \u00e0 main arm\u00e9 par les Fran\u00e7ais pour \u00eatre men\u00e9 au suplice, aura p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 la Porte d&#8217;un sentiment d&#8217;\u00e9tonnement et d&#8217;une douleur pareil \u00e0 celui qu&#8217;il a fait \u00e9prouv\u00e9 partout ailleurs<\/strong>&#8220;. Dans cette m\u00eame lettre Alexandre parla avec une sollicitude bien tendre au sultan qui devait certainement \u00e9prouver l\u2019horreur devant la violation si terrible des &#8220;droits de l&#8217;homme&#8221;. Comme on le sait, Bonaparte\u00a0 par l\u2019interm\u00e9diaire de son ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res Taleyrand r\u00e9pondit \u00e0 Alexandre d\u2019un ton bien resolu : &#8220;<strong>La plainte qu&#8217;elle (<em>la Russie<\/em>) \u00e9l\u00e8ve aujourd&#8217;hui conduit \u00e0 demander, si, lorsque l&#8217;Angleterre meditat l&#8217;assassinat de Paul Ier, on eut eu connaissance que les auteurs des complots se trouvaient \u00e0 une lieue des frontiers, n&#8217;eut-on pas empress\u00e9 de les faire saisir ?<\/strong>&#8221; Cette lettre est devenue pour Alexandre I la gifle triple. Premi\u00e8rement, contrairement \u00e0 la version officielle accept\u00e9e alors en Russie, ici on dit ouvertement que l&#8217;empereur Paul I \u00e9tait tu\u00e9. Deuxi\u00e8mement, on souligna, que dans ce meurtre se m\u00eal\u00e8rent les Anglais. Et enfin, on fit comprendre, qu&#8217;Alexandre I n\u2019\u00e9tait pas \u00e9tranger au meurtre de son p\u00e8re, et par cons\u00e9quent, ce n\u2019est pas \u00e0 lui de pr\u00eacher la morale aux gouvernements des autres pays. Alexandre I n\u2019oubliera jamais cette lettre. D\u00e9sormais le renversement de Napol\u00e9on devint l\u2019affaire de toute de sa vie et pendant plus de 10 ans son but essentiel. Il d\u00e9clara \u00e0 sa s\u0153ur un peu plus tard : &#8220;<strong>En Europe, il n&#8217;a y pas suffisement de place pour nous deux. T\u00f4t ou tard, l&#8217;un de nous doit dispara\u00eetre<\/strong>&#8220;. Et au colonel Michaud il dit : &#8220;<strong>Ce sera soit Napoleon, soit moi, mais nous ne pouvons pas regner ensemble<\/strong>&#8220;. Sous cette lumi\u00e8re il nous semble tr\u00e8s curieuse l&#8217;opinion des historiens qui imagient qu\u2019Alexandre s&#8217;occupait de la cr\u00e9ation des coalitions antifran\u00e7aises \u00e0 cause des impulsions r\u00e9actionnaires et le d\u00e9sir de restaurer en France la monarchie des Bourbons. Plus tard, en 1814, il choqua les royalistes fran\u00e7ais, ayant d\u00e9clar\u00e9, que il en principe n\u2019est pas contre la r\u00e9publique. Au g\u00e9n\u00e9ral Toll il expliqua : &#8220;<strong>Il ne s&#8217;agit pas des Bourbons mais du renversement de Napol\u00e9on<\/strong>&#8220;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u0410 partir d&#8217;avril &#8211; juin 1804, Alexandre d\u00e9veloppa l&#8217;activit\u00e9 diplomatique f\u00e9brile. Des lettres avec les offres de l&#8217;union offensive contre la France volent dans toutes les capitales de l\u2019Europe. Mais les demarches les plus importantes \u00e9taient entreprises envers l\u2019Angleterre. En automne de 1804, Alexandre fit partir \u00e0 Londres son envoy\u00e9 personnel Nicolas Novosiltsev. Le tsar lui donna les instructions confidentielles, dans lesquelles noir sur blanc il recommanda d&#8217;entreprendre tous les efforts pour la cr\u00e9ation de l&#8217;union offensive anglo-russe. Dans les instructions datant du 23 septembre 1804 il dit qu&#8217;il est n\u00e9cessaire aux membres de la coalition future de proclamer comme objectif le renversement de Napol\u00e9on, mais en ce qui concerne la nation fran\u00e7aise il est n\u00e9cessaire d&#8217;annoncer : &#8220;<strong>que ce n&#8217;est pas \u00e0 elle que l&#8217;on en veut, mais uniquement \u00e0 son gouvernement aussi tiranique pour la France que pour le reste de l&#8217;Europe<\/strong>&#8221; et que les membres de la coalition &#8220;<strong>ne d\u00e9sirent rien autre que d&#8217;affranchir la France du despotisme sous lequel elle gemit, de lui laissait le libre choix du gouvernement qu&#8217;elle voudra elle-m\u00eame se donner<\/strong>&#8220;. On \u0443 donnait les caract\u00e9ristiques les plus \u00e9pouvantables \u00e0 Bonaparte et \u00e0 son \u00e9tat: &#8220;<strong>un gouvernement scandaleux, qui pour ses fins se sert alternativement du despotisme et de l&#8217;anarchie<\/strong>&#8220;. Mais quant \u00e0 l\u2019organisation future de la France vaincue, Alexandre ne souflait pas un mot sur les Bourbons : &#8220;<strong>l&#8217;ordre social interieur sera fond\u00e9 sur une libert\u00e9 sage \u2026<\/strong>&#8221; Le Tsar Autoctate de la Russie notait aussi : &#8220;<strong>la Russie et l&#8217;Angleterre r\u00e9pendraient de plus en plus cet esprit de sagesse et de justice<\/strong>&#8220;. D&#8217;ailleurs l&#8217;esprit de la sagesse et la justice \u00e9tait compris d\u2019une fa\u00e7on assez originale. Par exemple, on disait : &#8220;<strong>Il est evident aussi que l&#8217;existence de trop petits Etats ne serait pas d&#8217;accord avec le but qu&#8217;on se propose, puisque n&#8217;ayant aucune force \u2026 ils ne servent \u2026 d&#8217;aucune utilit\u00e9 pour le bien g\u00e9n\u00e9ral<\/strong>&#8220;. On remarquait aussi, qu&#8217;il est n\u00e9cessaire : &#8220;<strong>que les deux puissances protectrices conservent une certaine degr\u00e9 de preponderance dans les affaires de l&#8217;Europe, car elles sont les seules qui par leurs positions sont invariablement int\u00e9ress\u00e9es \u00e0 ce que l&#8217;ordre et la justice y regne<\/strong>&#8221; \u2026 Les propositions de l\u2019alliance \u00e9taient a tel point avantageuses pour l\u2019Angleterre, la Russie n\u2019ayant demand\u00e9 aucune contrepartie, que les Anglais \u00e9taient d\u2019abord tr\u00e8s mefiant. Cependant la situation \u00e9tait pour eux si dangeureuse, que dans peu de temps le minist\u00e8re de Pitt \u0153uvra activement dans le but du rapprochement. Et le 11 avril 1805 \u00e0 St.-P\u00e9tersbourg les deux gouvernements sign\u00e8rent le trait\u00e9 anglo-russe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sans attendre la signature de ce trait\u00e9, Alexandre entrepris les demarches les plus actives, y compris le vrai chantage politique, pour que l\u2019Autriche et la Prusse entrent aussi dans la coalition. Le 7 mai 1804 par l&#8217;interm\u00e9diaire de l&#8217;ambassadeur \u00e0 Vienne Razoumovsky, Alexandre s&#8217;adressa \u00e0 l&#8217;empereur Fran\u00e7ois : &#8220;<strong>Malgre que, par la position de mes Etats, j&#8217;aie peu \u00e0 redouter de la part des Fran\u00e7ais, j&#8217;ai cru n\u00e9anmoins ne pouvoir rester indifferent aux dangers dont ils menacaient d&#8217;autres Etats de l&#8217;Europe \u2026 il faut des rem\u00e8des plus violents que ne l&#8217;est en politique un simple trait\u00e9 d\u00e9fensif qui tout au plus peut pr\u00e9server un \u00e9quilibre \u00e9xistant, mais non le retablir, quand il est aussi completement detruit. \u2026 de quelle mani\u00e8re que commence la guerre sur le continent, elle doit toujours \u00eatre regard\u00e9e comme d\u00e9fensive, le gouvernement fran\u00e7ais \u00e9tant depuis longtemps en aggression directe contre tous les Etats de l&#8217;Europe<\/strong>&#8220;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019Autriche et la Prusse \u00e9taient pr\u00eates \u00e0 signer avec plaisir l\u2019alliance d\u00e9fensive, mais ni l\u2019une ni l\u2019autre puissance ne voulaient pas \u00e0 se jeter t\u00eate basse \u00e0 la guerre avec les buts douteux et l&#8217;issue non moins douteuse. C&#8217;est pourquoi simultan\u00e9ment avec les offres aux cours de Vienne et de Berlin on leur faisait allusion, qu&#8217;en cas de leur refus les cons\u00e9quences peuvent \u00eatre impr\u00e9visibles. Dans le message au comte Razoumovsky du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res on pr\u00e9cisa: &#8220;<strong>Que si \u2026 ces m\u00eames puissances ne voulussent pas s&#8217;opposer efficacement aux entreprises funestes qui les regardent de plus pr\u00e8s et contribuer \u00e0 sauver l&#8217;Europe de l&#8217;abime ouvert pour l&#8217;engloutir, l&#8217;empereur (<em>de Russie<\/em>) alors les verra avec douleur courir \u00e0 leur perte, et libre de tout reproche vis-\u00e0-vis d&#8217;elles ne sera pas embarrass\u00e9 d&#8217;aviser aux mesures que lui dicterait la sur\u00e9t\u00e9 et l&#8217;avantage de ses propres Etats, en les separant enti\u00e8rement des int\u00e9r\u00eats de ses voisins<\/strong>&#8220;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les efforts d\u2019Alexandre I ont \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9 du succ\u00e8s. Le 16 juin 1805, Autriche se joint \u00e0 l\u2019alliance anglo-russe, et le 10 septembre 1805 fut sign\u00e9 le trait\u00e9 entre la Russie et le Royaume des Deux Siciles. Enfin le 1er mars 1805 \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg fut conclu le trait\u00e9 russo-su\u00e9dois et le 3 octobre 1805 le trait\u00e9 anglo-su\u00e9dois \u00e0 Beckaskog. La troisi\u00e8me coalition fut cr\u00e9\u00e9e. On peut remarquer, qu&#8217;en signant tous ces trait\u00e9s Alexandre se souciait le moins des int\u00e9r\u00eats de son pays et de son peuple. Par exemple, en signant le trait\u00e9 avec le cabinet de Londres, Alexandre ne demanda pas aux Anglais aucune contrepartie. Et tout cela tandis que ce trait\u00e9 sauvait l\u2019Angleterre du d\u00e9barquement de l&#8217;arm\u00e9e fran\u00e7aise. Le tsar russe, au contraire, se metait en position du solliciteur. Il ne craignait qu\u2019une seule chose &#8211; que les Anglais ne voudront pas s\u2019allier avec lui pour la guerre contre Napol\u00e9on. C&#8217;est pourquoi il n&#8217;a m\u00eame pas demand\u00e9 la remise de l\u2019\u00eele de Malte \u00e0 l\u2019Ordre de Malte. Ce dernier \u00e9tait officiellement sous la protection russe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En somme, dans les actions d\u2019Alexandre on n\u2019observe aucune ligne directrice li\u00e9e aux int\u00e9r\u00eats g\u00e9opolitiques de Russie et m\u00eame aux profits de son groupe dirigeant. Si apr\u00e8s les d\u00e9faites de 1805-1807 en Russie dans la noblesse et notamm\u00e9ment parmi les officiers apparaitront les sentiments antifran\u00e7ais, on ne voit rien de semblable jusqu&#8217;au d\u00e9but de la guerre de 1805. Nous avons not\u00e9 d\u00e9j\u00e0 les sentiments proanglais de certains aristocrates russes, notamment ceux dont les int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels \u00e9taient li\u00e9s \u00e0 la vente du bl\u00e9 russe \u00e0 l\u2019Angleterre. Il ne faut pas oublier cependant des nombreux liens, qui attachaient l&#8217;aristocratie russe \u00e0 la France. D\u00e9j\u00e0 toute la noblesse de Saint-P\u00e9tersbourg parlait, lisait et \u00e9crivait seulement en fran\u00e7ais. Certains des aristocrates, tels que c\u00e9l\u00e8bre comte Stroganov, \u00e9taient \u00e9lev\u00e9s en France. Ce jeune comte devint m\u00eame le t\u00e9moin de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, qu\u2019il admira. En 1802, \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg parut un ouvrage &#8220;L&#8217;histoire du Premier consul Bonaparte du temps de sa naissance jusqu\u2019\u00e0 la paix de Luneville&#8221;. Dans la pr\u00e9face l&#8217;auteur parlait du Premier consul dans les termes suivantes : &#8220;<strong>Ce g\u00e9nie \u00e9nergique brille de tout son \u00e9clat non seulement au milieu des troupes, mais et au temps de paix naissent en lui de nouvelles forces, et il entreprend et r\u00e9alise des grandes actions, qui doivent rendre les peuples heureux<\/strong>&#8220;. Dans le c\u00e9l\u00e8bre journal russe &#8220;Vestnik Evropy&#8221; on pouvait lire sur Bonaparte : &#8220;\u2026 <strong>il a m\u00e9rit\u00e9 la reconnaissance \u00e9ternelle de la France et m\u00eame de l\u2019Europe, ayant tu\u00e9 le monstre de la R\u00e9volution<\/strong> &#8220;. Plusieurs officiers russes admiraient sinc\u00e8rement Napol\u00e9on, qui est devenu pour eux le symbole de l&#8217;h\u00e9ros romantique. L&#8217;historien c\u00e9l\u00e8bre Mikhailovski-Danilevski, \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0 un jeune homme, \u00e9crivait : &#8220;<strong>qui ne vivait pas \u00e0 l&#8217;\u00e9poque de Napol\u00e9on, ne peut imaginer \u00e0 quel point\u00a0 par sa puissance morale il agissait sur les esprits des contemporains<\/strong>&#8220;. Et Serguei Glinka, un autre officier, le futur h\u00e9ros de la guerre de 1812 et l&#8217;auteur des ouvrages ultra patriotiques et antifran\u00e7ais, reconnut, que pendant sa jeunesse (co\u00eencidant chronologiquement avec notre p\u00e9riode), il r\u00eavait de faire la guerre sous les drapeaux de Bonaparte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Quant aux marchands russes beaucoup moins enthousiastes, mais plus pratiques, ils s&#8217;int\u00e9ressaient, comme nous montrent les documents, non seulement au commerce avec Angleterre. Notamment \u00e0 cette \u00e9poque le commerce par les mers du sud se d\u00e9veloppait activement. En profitant de la paix avec la Turquie les marchands russe faisaient le commerce de plus en plus important avec l\u2019Italie, l\u2019Espagne et la France en passant par la Mer Noire et la M\u00e9diterran\u00e9e. Si, en 1802, 706 bateaux marchands vinrent aux ports russes de la Mer Noir, en 1805 il y en avait d\u00e9j\u00e0 1251. L&#8217;exp\u00e9rience montra, que sur cette direction l&#8217;exportation du bl\u00e9 \u00e9tait tr\u00e8s avantageuse, et la vente du fer russe de l\u2019Oural faisait la concurrence avec succ\u00e8s \u00e0 celui d\u2019Angleterre. D\u00e9j\u00e0 en 1805 l&#8217;exportation du bl\u00e9 par les ports de la Mer Noire surpassa consid\u00e9rablement l&#8217;exportation du bl\u00e9 par des ports de la Baltique. Un certain nombre d&#8217;hommes d\u2019\u00e9tat \u00e0 l\u2019esprit pratique pensaient que la Russie devait redouter non la France, mais plut\u00f4t l\u2019Angleterre. Voil\u00e0 ce qu\u2019\u00e9crivait Rostoptchine \u00e0 Vorontsov dans la lettre du 23 ao\u00fbt 1803 : &#8220;\u2026 <strong>quel qu\u2019il soit (<em>le premier-ministre anglais<\/em>), il aura toujours en vue la destruction de l\u2019adversaire unique, de la France, en vue de la domination despotique sur l&#8217;univers. Le minist\u00e8re anglais admit Bonaparte \u00e0 agir pour avoir le pr\u00e9texte de recommencer la guerre contre lui. Il veut retenir la Malte et la retiendra, ensuite en cas de la chute de l&#8217;empire Ottoman, s&#8217;emparera de l\u2019Egypte; alors le temps viendra quand il faudra solliciter des passeports chez les fonctionnaires britanniques, pour recevoir la permission de naviguer sur les mers<\/strong>&#8220;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En somme, il est difficile de d\u00e9finir un vecteur univoque dans les sentiments de l&#8217;\u00e9lite gouvernante de la Russie. Les sentiments proanglais \u00e9taient m\u00eal\u00e9s d&#8217;une mani\u00e8re\u00a0 bizarre avec les sentiments profran\u00e7ais, tandis que les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques dictaient la n\u00e9cessit\u00e9 du commerce avec plusieurs pays de la Europe. Dans les salons de P\u00e9tersbourg on pouvait rencontrer aussi bien les \u00e9migr\u00e9s fran\u00e7ais appelant \u00e0 la croisade contre Bonaparte, l\u2019engeance de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, et les jeunes aristocrates russes cultiv\u00e9s admirateurs du g\u00e9nie de Napol\u00e9on. Une partie d&#8217;officiers vivant selon le principe de Portos &#8220;je me bats, parce que je me bats&#8221; vit avec le transport la possibilit\u00e9 de se battre contre l&#8217;arm\u00e9e de Napol\u00e9on sur le champs d\u2019honneur; les\u00a0 autres pr\u00e9venaient des dangers de la guerre pareille; et certains disaient qu&#8217;ils batteraient avec plus de plaisir les Anglais. Dans le roman &#8220;La Guerre et la Paix&#8221; Leon Tolsto\u00ef par la bouche d\u2019une de vieilles dames nobles exprime assez bien cet \u00e9tat d\u2019esprit vague et prudent de la classe russe gouvernante. En r\u00e9pondant \u00e0 la r\u00e9plique d\u2019un jeune officier, qui voyait avec l&#8217;enthousiasme la guerre future, cette dame \u00e2g\u00e9e repondit avec un sourire amer, en s&#8217;adressant \u00e0 tout le monde : &#8220;<strong>Erema, Erema, il vaut mieux que tu reste chez toi \u00e0 la maison, aiguisant tes propres fuseaux!<\/strong>&#8221; Enfin, un historien Karamzine se souvenait de cette \u00e9poque: \u201c<strong>Je n\u2019oublierai jamais mes pr\u00e9ssentiments am\u00e8res quand soufrant de la maladie j\u2019apprie la nouvelle de d\u00e9part de nos troupes\u2026 La Russie mit en mouvement ses forces pour aider Angleterre et Vienne, c\u2019est-\u00e0-dire servir comme instrument de leur haine contre la France et tout cela sans aucun avantage pour elle-m\u00eame<\/strong>\u201d.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, rien n&#8217;obligeait la Russie \u00e0 entrer dans la lutte contre la France napol\u00e9onienne : ni ses int\u00e9r\u00eats g\u00e9opolitiques, ni ses int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques, ni m\u00eame l&#8217;opinion g\u00e9n\u00e9rale de l&#8217;\u00e9lite russe, ni surtout les int\u00e9r\u00eats du peuple russe, pour lequel cette guerre et ses raisons \u00e9taient tout \u0430 fait incompr\u00e9hensible. L&#8217;historien russe travaillant \u00e0 l&#8217;\u00e9migration, Boris Mouraviev, a bien not\u00e9 en parlant de ce dernier point. A propos de la r\u00e9action d\u2019Alexandre \u00e0 l\u2019execution du duc d\u2019Enghien il a \u00e9crit : &#8220;<strong>Evidemment, le moins int\u00e9ress\u00e9 dans ces demarches \u00e9tait le peuple russe pour lequel le duc d&#8217;Enghien fusill\u00e9 dans le foss\u00e9 de Vincent ne pr\u00e9sentait pas plus d&#8217;int\u00e9r\u00eat qu&#8217;un mandarin empal\u00e9 sur l&#8217;ordre de Bogdo-Khan<\/strong>&#8220;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Toute la responsabilit\u00e9 du d\u00e9clenchement de ce conflit du c\u00f4t\u00e9 russe appartient uniquement \u00e0 l&#8217;empereur Alexandre I. Qui plus est, il n&#8217;y a aucun doute que sans son effort actif pour ne pas dire f\u00e9brile de cr\u00e9er la coalition, il est bien possible que cette guerre n\u2019aurait jamais eu lieu. Non, ce n\u2019est pas l\u2019argent anglais qui s\u00e9duit la Russie. Ces 1 250 000 livres, promis pour le sang de 100 000 soldats russes \u00e9taient la somme absolument d\u00e9risoire par rapport \u00e0 la richesse de l&#8217;empire immense. Cela peut para\u00eetre paradoxal et m\u00eame si cela sonne assez bizarre, \u00e0 notre si\u00e8cle aspirant \u00e0 trouver \u00e0 toute chose l&#8217;explication uniquement dans la sph\u00e8re des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et mat\u00e9rieles, &#8211; la raison principale de la formation de la Troisi\u00e8me coalition, et donc de la guerre, qui l\u2019a suivi, \u00e9tait la jalousie et l&#8217;haine d&#8217;une seule personne &#8211; le tsar russe Alexandre I.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le r\u00f4le de l&#8217;Empereur Alexadnre I lors de la formation de la 3e coalition a \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 dans le cadre de la conf\u00e9rence d&#8217;Austerlitz 2003 par le professeur Oleg Sokolov. Nous mettons en ligne le texte de la conf\u00e9rence avec aimable autorisation de l&#8217;auteur qui a d\u00e9velopp\u00e9 son point de vue depuis, non seulement dans son ouvrage Austerlitz, Napol\u00e9on, l&#8217;Europe et la Russie, mais \u00e9galement lors de ses conf\u00e9rences \u00e0 Austerlitz 2015 ou \u00e0 Porcia en printemps cette ann\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-684","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/684","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=684"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/684\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":686,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/684\/revisions\/686"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=684"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=684"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=684"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}