{"id":959,"date":"2019-05-16T19:22:45","date_gmt":"2019-05-16T18:22:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/?p=959"},"modified":"2019-05-16T19:33:17","modified_gmt":"2019-05-16T18:33:17","slug":"marquis-de-chambray-quelques-reflexions-sur-linfanterie-de-nos-jours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/marquis-de-chambray-quelques-reflexions-sur-linfanterie-de-nos-jours\/","title":{"rendered":"Marquis de Chambray: Quelques r\u00e9flexions sur l&#8217;Infanterie de nos jours"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center\">Quelques r\u00e9flexions sur l\u2019Infanterie de nos jours,<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">et en particulier sur l\u2019infanterie fran\u00e7aise<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">et sur l\u2019infanterie anglaise,<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">par le marquis de Chambray<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">(<a href=\"https:\/\/books.google.cz\/books?id=sqoFAAAAMAAJ&amp;pg=PA313\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">tir\u00e9es des \u00ab\u00a0M\u00e9langes\u00a0\u00bb publi\u00e9es \u00e0 Paris en 1840<\/a>; et quelques r\u00e9flexions sur ses r\u00e9flexions).<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">CHAPITRE PREMIER.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><em>Importance de l\u2019infanterie depuis qu\u2019elle est arm\u00e9e du fusil \u00e0 ba\u00efonnette. <\/em><em>Organisation de l\u2019infanterie de nos jours. Du bataillon. Des cadres, et de leur influence. Doit-on former l\u2019infanterie sur deux ou sur trois rangs?<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019infanterie, depuis qu\u2019elle est arm\u00e9e du fusil \u00e0 ba\u00efonnette, est, sans contredit, la partie la plus importante des arm\u00e9es. Elle peut combattre sur tous les terrains ; et de bonne infanterie, lorsqu\u2019elle est ploy\u00e9e en colonnes serr\u00e9es ou form\u00e9e en carr\u00e9, et qu\u2019elle peut faire usage de son feu, brave tous les efforts de la cavalerie, si cette cavalerie n\u2019est point appuy\u00e9e par de l\u2019artillerie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019infanterie europ\u00e9enne de nos jours, celle des Turcs except\u00e9e, est divis\u00e9e en bataillons : la force des bataillons varie depuis cinq cents jusqu\u2019\u00e0 mille hommes. Les bataillons anglais se forment sur deux rangs et sont divis\u00e9s en dix pelotons ; les bataillons fran\u00e7ais et ceux des autres puissances de l\u2019Europe se forment sur trois rangs et sont divis\u00e9s en huit pelotons. L\u2019infanterie est aussi divis\u00e9e en r\u00e9giments. Les r\u00e9giments sont une r\u00e9union de bataillons sous les ordres d\u2019un chef, qui est charg\u00e9 de leur administration et de leur instruction. Le nombre des bataillons par r\u00e9giment a vari\u00e9 depuis deux jusqu\u2019\u00e0 six, dans l\u2019infanterie fran\u00e7aise, et d\u2019un \u00e0 deux dans l\u2019infanterie anglaise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Un bataillon est compos\u00e9 d\u2019hommes ayant une volont\u00e9 et susceptibles d\u2019\u00eatre mus par les passions ; il se divise en deux parties bien distinctes. La premi\u00e8re se compose des soldats : la seconde des officiers et sous-officiers, et est d\u00e9sign\u00e9e sous le nom de cadre. Les soldats sont dirig\u00e9s dans les man\u0153uvres par le cadre, et en ce qui concerne l\u2019ex\u00e9cution de ces man\u0153uvres, ils sont astreints \u00e0 une ob\u00e9issance passive ; mais la crainte , \u00e0 l\u2019aspect d\u2019un grand danger, peut l\u2019emporter sur l\u2019habitude de l\u2019ob\u00e9issance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le cadre, dans la formation habituelle, est r\u00e9parti derri\u00e8re les rangs et aux extr\u00e9mit\u00e9s de chaque peloton, et il contraint le soldat \u00e0 garder son rang. Lorsque l\u2019on combat en tirailleurs, lorsque l\u2019on donne un assaut, dans tous les cas enfin, o\u00f9 l\u2019on abandonne la formation habituelle, il donne l\u2019impulsion et l\u2019exemple.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Depuis que l\u2019on ne combat plus corps \u00e0 corps, il n\u2019est point absolument n\u00e9cessaire, pour constituer de bonne infanterie, que tous les soldats soient anim\u00e9s de ce courage personnel qui leur \u00e9tait indispensable dans les arm\u00e9es anciennes. La meilleure infanterie est, g\u00e9n\u00e9ralement parlant, celle qui a les meilleurs cadres et le meilleur noyau d\u2019anciens et bons soldats : l\u2019essentiel est donc d\u2019avoir assez de sujets pour former des cadres disciplin\u00e9s et aguerris. On a vu des bataillons, compos\u00e9s en grande partie de recrues, qu\u2019un cadre aguerri maintenait dans le rang, quoiqu\u2019ils fussent fort effray\u00e9s et enti\u00e8rement dispos\u00e9s \u00e0 fuir ; on les a vus, dis-je, vaincre de la sorte de vieilles troupes, tant les cadres ont d\u2019influence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour former de bons cadres, il faut ne laisser parvenir aux emplois d\u2019officiers et de sous-officiers, que des hommes d\u2019un caract\u00e8re ferme, et qui soient ploy\u00e9s \u00e0 la discipline militaire et parfaitement instruits, non-seulement de toutes les connaissances qu\u2019exige l\u2019emploi qu\u2019on leur confie, mais encore de celles qui sont n\u00e9cessaires \u00e0 leurs subordonn\u00e9s. En temps de guerre, on ne doit donner d\u2019avancement qu\u2019\u00e0 ceux qui se montrent braves, car la bravoure est une qualit\u00e9 indispensable \u00e0 l\u2019homme de guerre qui commande.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Aussit\u00f4t que l\u2019infanterie europ\u00e9enne eut \u00e9t\u00e9 arm\u00e9e du fusil \u00e0 ba\u00efonnette, on ne la forma plus que sur trois rangs. Peu apr\u00e8s le commencement de la guerre d\u2019Espagne, en 1808, l\u2019infanterie anglaise commen\u00e7a \u00e0 abandonner cette formation pour adopter la formation sur deux rangs, dont l\u2019usage devint de plus en plus fr\u00e9quent jusqu\u2019en 1810, qu\u2019un ordre du duc d\u2019York enjoignit de ne plus la former autrement \u00e0 l\u2019avenir. La formation sur deux rangs, compar\u00e9e \u00e0 celle sur trois rangs, offre effectivement, ainsi que je vais le faire voir, de grands avantages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Je supposerai d\u2019abord que l\u2019infanterie est d\u00e9ploy\u00e9e. Si elle est form\u00e9e sur deux rangs, elle occupe la m\u00eame \u00e9tendue de terrain avec moins de monde que si elle \u00e9tait form\u00e9e sur trois rangs. Ainsi donc, de deux arm\u00e9es d\u2019\u00e9gales forces, celle dans laquelle l\u2019infanterie sera form\u00e9e sur deux rangs, aura ordinairement une r\u00e9serve d\u2019infanterie, lorsque celle dans laquelle elle sera form\u00e9e sur trois rangs n\u2019en aura point ; et si les deux arm\u00e9es ont une r\u00e9serve d\u2019infanterie, la premi\u00e8re en aura une beaucoup plus forte que la seconde, avantage incalculable ; car ce sont les r\u00e9serves qui d\u00e9cident du gain de la plupart des batailles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La marche en bataille est plus facile ; il en est de m\u00eame de toutes les autres man\u0153uvres, qui s\u2019ex\u00e9cutent d\u2019ailleurs avec plus de pr\u00e9cision et de promptitude. La perte que fait essuyer le feu, surtout celui de l\u2019artillerie, est moins grande, soit que l\u2019on combatte d\u00e9ploy\u00e9 ou ploy\u00e9 en colonnes serr\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019exp\u00e9rience a prouv\u00e9 que le feu de deux rangs, qui est presque le seul dont on fasse usage devant l\u2019ennemi, est aussi meurtrier quand l\u2019infanterie est form\u00e9e sur deux rangs, que quand elle l\u2019est sur trois ; beaucoup de militaires qui ont fait la guerre d\u2019Espagne contre les Anglais, dont l\u2019infanterie ne se formait que sur deux rangs, pr\u00e9tendent m\u00eame qu\u2019il l\u2019est davantage. Cela r\u00e9sulte de ce que le deuxi\u00e8me rang, quand l\u2019infanterie n\u2019est form\u00e9e que sur deux rangs, \u00e9tant moins g\u00ean\u00e9 que quand elle est form\u00e9e sur trois rangs, peut tirer avec plus de pr\u00e9cision, et de ce que devant l\u2019ennemi on ne peut obtenir que le soldat du deuxi\u00e8me rang change son arme contre celle du soldat du troisi\u00e8me rang, ainsi qu\u2019il devrait le faire. Si les soldats du troisi\u00e8me rang veulent tirer par les cr\u00e9neaux, ainsi que cela arrive presque toujours, ils tirent trop haut et blessent quelques soldats du premier rang, ordinairement au bras droit, pendant qu\u2019ils bourrent. La crainte d\u2019\u00eatre bless\u00e9 ainsi inqui\u00e8te les soldats du premier rang, et le bruit de l\u2019arme, dont l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 se trouve tr\u00e8s-pr\u00e8s de leurs oreilles, les \u00e9tourdit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La principale raison all\u00e9gu\u00e9e en faveur de la formation sur trois rangs, c\u2019est que l\u2019infanterie, ayant alors plus de profondeur, a plus de solidit\u00e9 pour r\u00e9sister aux charges de l\u2019infanterie et de la cavalerie. Cette raison n\u2019est que sp\u00e9cieuse, car depuis que le feu a acquis la principale influence, il est excessivement rare que l\u2019infanterie se joigne \u00e0 la ba\u00efonnette, et par cons\u00e9quent l\u2019on ne voit presque plus de m\u00eal\u00e9e comme chez les anciens. Quant aux charges de cavalerie, c\u2019est par le feu qu\u2019elles sont repouss\u00e9es quand l\u2019infanterie est bonne et qu\u2019on la charge de front. Ce n\u2019est donc pas cette pr\u00e9tendue solidit\u00e9 qu\u2019il faut consid\u00e9rer, mais principalement le feu et l\u2019influence des cadres. On a vu que le feu \u00e9tait aussi meurtrier sur deux rangs que sur trois, et les cadres exercent une plus grande influence lorsqu\u2019ils n\u2019ont que deux rangs \u00e0 surveiller. En supposant m\u00eame qu\u2019il en f\u00fbt autrement, et que l\u2019on trouv\u00e2t un l\u00e9ger avantage sous le rapport du feu et de l\u2019influence des cadres \u00e0 se former sur trois rangs, cet avantage pourrait-il entrer en compensation avec ceux que pr\u00e9sente d\u2019ailleurs, ainsi que je l\u2019ai fait voir, la formation sur deux rangs ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Examinons actuellement dans quelles circonstances et dans quel but on ploie les bataillons en colonnes serr\u00e9es par division; nous pourrons facilement ensuite d\u00e9cider s\u2019il est avantageux que l\u2019infanterie soit alors form\u00e9e sur trois rangs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">On ploie souvent les bataillons en colonnes serr\u00e9es par division lorsqu\u2019ils sont plac\u00e9s en r\u00e9serve ou m\u00eame en seconde ligne, et presque toujours pour man\u0153uvrer ; et dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, on a souvent pris cette formation pour charger l\u2019ennemi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Lorsque l\u2019on man\u0153uvre en colonnes serr\u00e9es par division, il est \u00e9videmment pr\u00e9f\u00e9rable que chaque division ne soit form\u00e9e que sur deux rangs, puisque la marche est alors plus facile et la surveillance des cadres plus grande.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour charger l\u2019ennemi dans cet ordre, je pense qu\u2019il est avantageux aussi que les divisions ne soient form\u00e9es que sur deux rangs ; mais cette question se rattachant \u00e0 celle des avantages et des inconv\u00e9niens de l\u2019ordre mince et de l\u2019ordre profond, je crois n\u00e9cessaire, afin de pouvoir bien motiver mon opinion, de faire quelques r\u00e9flexions sur cette derni\u00e8re question.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La plupart des auteurs qui ont trait\u00e9 de la formation de l\u2019infanterie, et par suite de l\u2019ordre mince et de l\u2019ordre profond , ont attribu\u00e9 \u00e0 une cause physique ce qui est en grande partie le r\u00e9sultat de causes morales. Ils disent qu\u2019un bataillon ploy\u00e9 en colonne serr\u00e9e enfonce, par sa profondeur et par son choc, un bataillon d\u00e9ploy\u00e9 ; raisonnement qui ne serait juste que si les bataillons \u00e9taient des machines inanim\u00e9es et formant un tout compact. Il y en a qui ajoutent que la division de la t\u00eate est pouss\u00e9e par celles qui la suivent, ce qui, loin d\u2019\u00eatre un avantage, entra\u00eenerait les plus grands malheurs, puisqu\u2019il en r\u00e9sulterait le d\u00e9sordre, et par cons\u00e9quent la fuite. On \u00e9vite, au contraire, de trop serrer sur la t\u00eate ; mais on sent les coudes du c\u00f4t\u00e9 du guide, et l\u2019on maintient les distances ; en un mot, on conserve l\u2019ordre avec tout le soin possible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019infanterie combat ordinairement en tirailleurs, ou d\u00e9ploy\u00e9e, ou ploy\u00e9e en colonnes serr\u00e9es par division (<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>). Dans le combat en tirailleurs, il y a pour ainsi dire absence d&#8217;ordre ; lorsque l\u2019infanterie est d\u00e9ploy\u00e9e, chaque bataillon est form\u00e9 sur une ligne de deux ou trois rangs de hauteur, non compris les serre-files ; lorsqu\u2019elle est ploy\u00e9e en colonnes serr\u00e9es par division, chaque bataillon est form\u00e9 sur quatre lignes, c\u2019est-\u00e0-dire sur huit ou douze rangs de profondeur, selon que les lignes sont sur deux ou sur trois rangs, non compris les serre-files, qui sont r\u00e9partis entre les lignes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cela pos\u00e9, faut-il, pour charger l\u2019ennemi, prendre l\u2019ordre en colonne, ou rester d\u00e9ploy\u00e9 ? Si les bataillons ne faisaient pas usage de leur feu et qu\u2019ils ne fussent pas soumis \u00e0 celui de l\u2019artillerie, il me para\u00eetrait \u00e9vident que le bataillon qui chargerait en colonne renverserait celui qui chargerait d\u00e9ploy\u00e9, tout \u00e9tant d\u2019ailleurs \u00e9gal de part et d\u2019autre, mais par des raisons diff\u00e9rentes de celles que l\u2019on en donne ordinairement. Voici ces raisons :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans l\u2019ordre en colonne, le cadre exerce sur les soldats une plus grande influence, puisqu\u2019il est plus rapproch\u00e9 d\u2019eux. On aborde l\u2019ennemi avec la seule division de la t\u00eate de colonne, o\u00f9 se trouve assez ordinairement la compagnie de grenadiers. Cette division marche avec beaucoup plus de r\u00e9solution que si elle faisait partie d\u2019une ligne d\u00e9ploy\u00e9e, parce qu\u2019elle sait que ses flancs et ses derri\u00e8res sont assur\u00e9s ; elle est encourag\u00e9e par le cri de guerre des trois divisions qui la suivent imm\u00e9diatement. Ces trois divisions pr\u00e9sentent d\u2019ailleurs un obstacle mat\u00e9riel \u00e0 sa fuite, et sont bien plus solides qu\u2019elles ne le seraient dans une ligne d\u00e9ploy\u00e9e, parce qu\u2019elles ne voient pas le danger et qu\u2019elles se sentent soutenues et pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es. Je dois ajouter aussi que, dans les troupes aguerries, chacun est convaincu que la force du bataillon est dans cette r\u00e9union de secours mutuels qu\u2019on peut se donner, et que la dispersion des individus qui le composent les livrerait aux coups de l\u2019ennemi. Tandis que les circonstances que je viens de d\u00e9velopper contribuent \u00e0 encourager le bataillon qui est ploy\u00e9 en colonne serr\u00e9e, celui qui est d\u00e9ploy\u00e9 se trouve intimid\u00e9, parce qu\u2019il est port\u00e9 \u00e0 s\u2019exag\u00e9rer les efforts de l\u2019ordre le plus \u00e9pais et qui rassemble le plus d\u2019hommes dans le plus petit espace. Il est donc certain que le bataillon qui est d\u00e9ploy\u00e9 fuira avant que d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 abord\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais si l\u2019on fait usage du feu, ainsi que cela se pratique actuellement, qu\u2019arrivera-t-il ? Et d\u2019abord, si le bataillon qui charge en colonne est soumis \u00e0 un feu d\u2019artillerie bien nourri et bien dirig\u00e9, nul doute qu\u2019il \u00e9chouera. S\u2019il n\u2019a \u00e0 redouter que le feu du bataillon d\u00e9ploy\u00e9, qui l\u2019attend de pied ferme, parviendra-t-il \u00e0 le renverser ? L\u2019exp\u00e9rience des derni\u00e8res guerres nous laisserait dans le doute \u00e0 cet \u00e9gard. L\u2019infanterie fran\u00e7aise, ploy\u00e9e en colonnes serr\u00e9es et pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e par de nombreux tirailleurs, a souvent charg\u00e9 les infanteries autrichienne, prussienne et russe, qui l\u2019attendaient d\u00e9ploy\u00e9es et faisaient usage de leur feu, et les a presque toujours renvers\u00e9es ; mais presque toujours aussi ces infanteries commen\u00e7aient le feu de beaucoup trop loin (<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>). Au contraire, elle a presque toujours \u00e9chou\u00e9 contre l\u2019infanterie anglaise, qui a employ\u00e9 pour la premi\u00e8re fois pendant la guerre d\u2019Espagne, pour repousser ce genre d\u2019attaque de l\u2019infanterie fran\u00e7aise, une man\u0153uvre nouvelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Lorsqu\u2019un bataillon fran\u00e7ais ploy\u00e9 en colonne serr\u00e9e chargeait un bataillon anglais d\u00e9ploy\u00e9, et qu\u2019il \u00e9tait parvenu \u00e0 petite port\u00e9e de mousqueterie, le chef du bataillon anglais lan\u00e7ait sur le flanc de la colonne fran\u00e7aise les premier et dixi\u00e8me pelotons de son bataillon ; ces deux pelotons attaquaient en tirailleurs en poussant de grands cris, tandis que le reste du bataillon ex\u00e9cutait le feu de deux rangs. Lorsque l\u2019attaque du bataillon fran\u00e7ais \u00e9tait repouss\u00e9e, c\u2019\u00e9tait ordinairement par le centre de la colonne que commen\u00e7ait le d\u00e9sordre, ce qu\u2019on doit attribuer \u00e0 l\u2019\u00e9tonnement que causait aux soldats qui s\u2019y trouvaient une attaque sur leurs flancs. Si, au contraire, le bataillon fran\u00e7ais continuait sa marche sans s\u2019\u00e9branler, le bataillon anglais se retirait en d\u00e9sordre au pas de course derri\u00e8re la seconde ligne, o\u00f9 il se reformait, et cette seconde ligne recommen\u00e7ait la m\u00eame man\u0153uvre (<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Je n\u2019oserais me prononcer sur la valeur de cette man\u0153uvre ; le succ\u00e8s qu\u2019elle a souvent obtenu \u00e9tait d\u00fb prmcipalement \u00e0 l\u2019attaque des pelotons jet\u00e9s en tirailleurs sur les flancs de la colonne serr\u00e9e, et \u00e0 ce que le bataillon anglais ne commen\u00e7ait le feu qu\u2019\u00e0 bonne port\u00e9e ; mais ce succ\u00e8s tenait sans doute aussi \u00e0 ce que cette colonne n\u2019avait point ou pas assez de tirailleurs devant elle et sur ses flancs. Les bataillons qui se trouvent pr\u00e8s de l\u2019artillerie doivent ex\u00e9cuter difficilement cette man\u0153uvre, parce qu\u2019il faut pour cela faire cesser le feu de cette artillerie. Enfin, une telle man\u0153uvre exige beaucoup de pr\u00e9cision et ne peut \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e que par des troupes tr\u00e8s-solides.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le lieutenant-colonel Napier, dans son <em>Histoire de la guerre dans la P\u00e9ninsule et dans le midi de la France, depuis l\u2019ann\u00e9e 1807 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ann\u00e9e 1814<\/em>, s\u2019exprime ainsi qu\u2019il suit, tome 1<sup>er<\/sup>, page 338, en parlant des attaques en colonnes que les Fran\u00e7ais ex\u00e9cut\u00e8rent \u00e0 la bataille de Vimi\u00e9ro :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab La rapidit\u00e9 avec laquelle les soldats fran\u00e7ais se ralli\u00e8rent et reform\u00e8rent leurs rangs, apr\u00e8s un \u00e9chec aussi violent, fut admirable ; mais on ne saurait louer leur m\u00e9thode habituelle d\u2019attaquer en colonne. Ce mode d\u2019attaque peut avoir r\u00e9ussi avec les Autrichiens, les Russes et les Prussiens ; mais il doit toujours \u00e9chouer contre les Anglais, dont l\u2019infanterie est assez ferme, assez intelligente, assez bien disciplin\u00e9e pour attendre avec calme la charge de ses adversaires, et assez courageuse pour fondre sur eux \u00e0 la ba\u00efonnette.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0La formation en colonne est sans doute excellente pour les dispositions de nos attaques modernes\u00a0; mais ainsi que la phalange mac\u00e9donienne \u00e9tait incapable de r\u00e9sister \u00e0 l\u2019ordre d\u00e9ploy\u00e9 des l\u00e9gions romaines, de m\u00eame la colonne serr\u00e9e ne peut soutenir le feu et la charge d\u2019une bonne ligne prot\u00e9g\u00e9e par de l\u2019artillerie. La r\u00e9pugnance si naturelle qu\u2019\u00e9prouve le soldat \u00e0 marcher sur ses compagnons morts ou bless\u00e9s, les cris des mourants, le sifflement des boulets, \u00e0 mesure qu\u2019ils d\u00e9chirent les rangs, produisent le plus grand d\u00e9sordre, principalement au centre des colonnes d\u2019attaque, lesquelles, aveugl\u00e9es par la fum\u00e9e, marchant d\u2019un pas mal assur\u00e9 et troubl\u00e9es par le grand nombre de mots de commandement d\u2019une foule d\u2019officiers, ne peuvent voir ce qui se passe ni faire aucun effort pour avancer ou se retirer sans augmenter le d\u00e9sordre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Dans une telle confusion, l\u2019exemple de courage ne saurait plus \u00eatre utile ; la vigueur de quelques individus ne produit plus aucun effet moral, si ce n\u2019est sur la t\u00eate de colonne qui est souvent ferme et m\u00eame victorieuse, tandis que la queue fuit \u00e9pouvant\u00e9e. N\u00e9anmoins, des colonnes bien m\u00e9nag\u00e9es sont l\u2019ame des op\u00e9rations militaires : c\u2019est en elles que r\u00e9side la victoire ; et ce sont elles aussi qui assurent la retraite. Le secret consiste \u00e0 savoir les d\u00e9ployer \u00e0 propos. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">J\u2019ai dit que, si les divisions d\u2019un bataillon ploy\u00e9 en colonnes serr\u00e9es par division sont form\u00e9es sur deux rangs, il marchera mieux, et que l\u2019ordre s\u2019y maintiendra mieux que si ces divisions sont form\u00e9es sur trois rangs ; et j\u2019ai fait voir aussi que les avantages de l\u2019ordre en colonne pour charger une troupe d\u00e9ploy\u00e9e ne r\u00e9sultent point d\u2019un choc ou d\u2019une pression, mais principalement de causes morales. Si un bataillon charge l\u2019ennemi en colonne serr\u00e9e, les avantages qui r\u00e9sultent de cette formation sont d\u2019ailleurs les m\u00eames, que les divisions soient sur deux ou sur trois rangs, puisque la colonne sera, dans les deux cas, compos\u00e9e d\u2019un m\u00eame nombre de divisions. La formation sur deux rangs est donc encore pr\u00e9f\u00e9rable, lorsque le bataillon est en colonne, \u00e0 la formation sur trois rangs ; et lors m\u00eame qu\u2019elle ne pr\u00e9senterait dans ce cas aucun avantage direct, il resterait ces deux avantages \u00e9normes de perdre moins de monde, d\u2019occuper le m\u00eame terrain avec moins de troupes, et par cons\u00e9quent d\u2019avoir une r\u00e9serve plus forte que celle de son adversaire, si les forces sont \u00e9gales de part et d\u2019autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il r\u00e9sulte de l\u2019examen auquel je viens de me livrer, qu\u2019il est plus avantageux de former l\u2019infanterie sur deux rangs que de la former sur trois rangs : si cette formation n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e g\u00e9n\u00e9ralement, cela tient aux difficult\u00e9s que les innovations \u00e9prouvent \u00e0 s\u2019introduire, et sans doute aussi \u00e0 ce qu\u2019on ne veut pas se d\u00e9cider l\u00e9g\u00e8rement \u00e0 adopter un changement si important. J\u2019ajouterai, \u00e0 l\u2019appui de l\u2019opinion que je viens d\u2019\u00e9mettre, qu\u2019elle est celle d\u2019un grand nombre de gen\u00e9raux de r\u00e9putation qui ont fait les derni\u00e8res guerres, et de plusieurs militaires connus par leurs \u00e9crits.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a>([1]) C\u2019est-\u00e0-dire que chaque bataillon forme une colonne serr\u00e9e par division.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><\/a>([2]) <em>Argument curieux. Il est g\u00e9n\u00e9ralement reconnu que le feu doit \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9 de tr\u00e8s pr\u00e8s contre la cavalerie qui charge l\u2019infanterie, et qu\u2019un feu pr\u00e9matur\u00e9, moins efficace, n\u2019arr\u00eate pas les cavaliers et rend les fantassins d\u00e9sarm\u00e9s. Mais contre l\u2019infanterie\u00a0? Il faut 2 minutes pour faire 200 pas au pas acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, et dans 2 minutes on peut ex\u00e9cuter trois ou m\u00eame quatre d\u00e9charges\u00a0; si les deux premi\u00e8res sont \u00ab\u00a0de beaucoup trop loin\u00a0\u00bb et peu efficaces, elles ne limitent aucunement l\u2019\u00e9fficacit\u00e9 des deux autres. Plus bas Chambray dira que l\u2019infanterie anglaise emploie le feu de deux rangs contre les colonnes fran\u00e7aises. Le feu de deux rangs est un feu continu, ce n\u2019est pas un feu de salve, et, g\u00e9n\u00e9ralement parlant, plus t\u00f4t on commence le feu de deux rangs, plus de soldats ennemis seront mis hors de combat (la question de la consomation des cartouches mise \u00e0 part). (JS)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><\/a>([3]) <em>Ce texte est repris par Jean Colin \u00e0 la fin de son chapitre VI. A ce que nous avons dit dans la remarque d\u00e9j\u00e0 faite, il faut ajouter quelques r\u00e9fl\u00e9xions sur la diff\u00e9rence entre l\u2019infanterie anglaise et celles des arm\u00e9es autrichienne, russe ou prussienne\u00a0; les Anglais \u00e9tant \u00ab\u00a0toujours\u00a0\u00bb victorieux contre les colonnes fran\u00e7aises en Espagne ou en Belgique, les Autrichiens, les Russes et les Prussiens battus par les m\u00eames Fran\u00e7ais en 1805, 1806, 1807.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Chambray r\u00e9sume cette diff\u00e9rence, comme nous venons de le lire, ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0<\/em>presque toujours aussi ces infanteries commen\u00e7aient le feu de beaucoup trop loin\u00a0<em>\u00bb&#8230; \u00e0 Austerlitz, que voit-on\u00a0? Les Fran\u00e7ais arrivent sur le plateau de Pratzen en colonnes serr\u00e9es, les divisions s\u2019y d\u00e9ploient, l\u2019artillerie est mise dans les intervalles, et un combat de feu tr\u00e8s vif est engag\u00e9 avec les Russes et les Autrichiens\u00a0; \u00e0 I\u00e9na ou \u00e0 Auerstaedt, \u00e0 Friedland, encore, les Fran\u00e7ais se d\u00e9ploient pour faire feu, se ploient pour charger les points choisis des lignes ennemis, se forment en carr\u00e9s pour repousser la cavalerie, etc. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Les colonnes lourdes de plusieurs bataillons, on les trouve en Espagne et \u00e0 Waterloo. Veut-on dire que les lignes autrichiennes ou prussiennes ne puissent pas les arr\u00eater par leur feu de la m\u00eame mani\u00e8re que les lignes anglaises\u00a0? La diff\u00e9rence r\u00e9elle, n\u2019existe-t-elle plut\u00f4t dans les t\u00eates des g\u00e9n\u00e9raux fran\u00e7ais qui agissent d\u2019une mani\u00e8re tr\u00e8s efficace en 1805 ou en 1807 contre les Russes ou Autrichiens, et qui cherchent des moyens m\u00e9caniques et tr\u00e8s douteux en Espagne, pour une raison ou pour une autre, en tout cas par leur incapacit\u00e9, peu d\u2019orientation, fausses id\u00e9es&#8230;? En 1813 en Saxe ou en 1814 en France voit-on la m\u00eame tactique dite alors (\u00e0 tort) \u00ab\u00a0fran\u00e7aise\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire les colonnes profondes chargeant les lignes ennemies \u00e0 la ba\u00efonnette, qu\u2019en Espagne\u00a0contre les Anglais\u00a0? Non, encore, on voit les bataillons d\u00e9ploy\u00e9s faisant un feu plus ou moins efficace, des ordres mixtes, des tirailleurs, selon ce qui est exig\u00e9 par la situation. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Dire que les Autrichiens commencent leur feu trop t\u00f4t contre les Fran\u00e7ais, tandis que les Anglais, avec leur sang-froid, attendent, font un feu de deux rangs de tr\u00e8s pr\u00e8s et lancent des tirailleurs contre les flancs fran\u00e7ais, c\u2019est un raccourci tr\u00e8s discutable. A Waterloo, les colonnes du 1<sup>er<\/sup> corps marchent \u00e0 travers la vall\u00e9e sous un feu tr\u00e8s vif de tirailleurs et de l\u2019artillerie anglaise, et re\u00e7oivent des d\u00e9charges des bataillons anglais d\u00e9ploy\u00e9s derri\u00e8re la cr\u00eate, essaient de se d\u00e9ployer \u00e0 leur tour, et sont \u00e9cras\u00e9es. C\u2019est une belle position d\u00e9fensive, c\u2019est un mauvais choix de formation d\u2019attaque, c\u2019est une attaque mal dirig\u00e9e, mal pr\u00e9par\u00e9e, mal assur\u00e9e, mal d\u00e9velopp\u00e9e. Comme dans beaucoup d\u2019affaires d\u2019Espagne. Les Anglais n\u2019y font rien de tr\u00e8s sp\u00e9cifique. Ils choisissent une belle position et mettent leur infanterie de ligne derri\u00e8re la cr\u00eate pour la prot\u00e9ger contre le feu de l\u2019artillerie fran\u00e7aise, pour les cacher aux yeux des ennemis et pour rendre ainsi les combinaisons des g\u00e9n\u00e9raux adversaires plus difficiles. Ce sont en suite les mauvaises dispositions de certains g\u00e9n\u00e9raux fran\u00e7ais (ou de Napol\u00e9on) qui font \u00e9chouer toute action contre ces positions, non pas des man\u0153uvres anglaises, voire une \u00ab\u00a0nouvelle man\u0153uvre\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Un seul bataillon en colonne serr\u00e9e marchant contre un bataillon autrichien d\u00e9ploy\u00e9 serait sans aucun doute aussi tout de suite pris de flanc par des pelotons d\u00e9tach\u00e9s. Mais connaissons-nous des exemples concrets d\u2019une telle situation\u00a0? C\u2019est de la pure th\u00e9orie. Certains historiens anglais arrivent m\u00eame \u00e0 \u00ab\u00a0d\u00e9montrer\u00a0\u00bb que 800 fusils du bataillon anglais form\u00e9 sur deux rangs font un feu beaucoup plus efficace que les 180 fusils des deux premiers rangs de la division de la t\u00eate d\u2019une colonne serr\u00e9e fran\u00e7aise. Bravo, math\u00e9maticiens\u00a0! Mais personne ne se ploie en colonne pour faire feu\u00a0: on se ploie en colonne pour man\u0153uvrer, pour marcher en bon ordre, pour passer les d\u00e9fil\u00e9s, pour occuper moins d\u2019espace, etc. La man\u0153uvre en colonne serr\u00e9e, c\u2019est un moyen. On peut s\u2019en servir bien, on peut s\u2019en servir mal.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Ce que nous voyons aussi souvent en Espagne ou \u00e0 Waterloo, c\u2019est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, par Chambray, et par d\u2019autres historiens ou th\u00e9oriciens militaires, sous un titre de \u00ab\u00a0tactique fran\u00e7aise\u00a0\u00bb. A notre avis c\u2019est tr\u00e8s faux, et surtout il ne faut pas s\u2019y baser pour condamner les man\u0153uvres en colonnes serr\u00e9es qui sont, par les m\u00eames historiens, et de la m\u00eame mani\u00e8re superficielle, \u00ab\u00a0c\u00e9l\u00e9br\u00e9es\u00a0\u00bb comme le point progr\u00e9ssif de la tactique r\u00e9volutionnaire dans les ann\u00e9es 90 du 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, pour \u00eatre ridiculis\u00e9es plus tard en Espagne et \u00e0 Waterloo par les Anglais. Ce qui fait la diff\u00e9rence en r\u00e9alit\u00e9, ce n\u2019est pas une \u00ab\u00a0nouvelle man\u0153uvre\u00a0\u00bb des Anglais ou une incapacit\u00e9 des Autrichiens ou des Russes de faire un feu efficace, c\u2019est tout simplement une tactique \u00e9rron\u00e9e de certains g\u00e9n\u00e9raux\u00a0: insister sur l\u2019ordre profond et jetter m\u00e9caniquement des monstres de colonnes trop complexes contre la \u00ab\u00a0thin red line\u00a0\u00bb, ce n\u2019est pas une \u00ab\u00a0tactique fran\u00e7aise\u00a0\u00bb, c\u2019est une mauvaise tactique de certains g\u00e9n\u00e9raux fran\u00e7ais. (JS)<br \/>\n<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/jean-colin-la-tactique-et-la-discipline-dans-les-armees-de-la-revolution\/\">Jean Colin. La Tactique et la Discipline dans les arm\u00e9es de la R\u00e9volution.<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/heffmeyer-et-schauenbourg\/\">Heffmeyer et Schauenbourg<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/documents-sur-lexercice-et-les-maoeuvres-de-linfanterie-de-france-1750-1831\/\">Documents sur l\u2019Exercice et les Ma\u0153uvres de l\u2019Infanterie de France 1750-1831<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelques r\u00e9flexions sur l\u2019Infanterie de nos jours, et en particulier sur l\u2019infanterie fran\u00e7aise et sur l\u2019infanterie anglaise, par le marquis de Chambray (tir\u00e9es des \u00ab M\u00e9langes \u00bb publi\u00e9es \u00e0 Paris en 1840). Chapitre Premier: Importance de l\u2019infanterie depuis qu\u2019elle est arm\u00e9e du fusil \u00e0 ba\u00efonnette. Organisation de l\u2019infanterie de nos jours. Du bataillon. Des cadres, et de leur influence. Doit-on former l\u2019infanterie sur deux ou sur trois rangs?<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":960,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[36,35,27],"class_list":["post-959","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-histoire","tag-chambray-infanterie","tag-exercices-et-manoeuvres","tag-infanterie-francaise"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/959","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=959"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/959\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":963,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/959\/revisions\/963"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/960"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=959"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=959"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.austerlitz.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=959"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}